"Aide-toi, le Ciel t'aidera"

Le Père Chenesseaux, exorciste, disait : « On ne combat pas le démon d'abord en luttant contre lui ; on combat le démon surtout en veillant à regarder le Christ et à s'attacher à Lui dans la Foi... c'est Lui qui, dans la puissance de son Esprit, chasse les esprits mauvais et délivre ceux qu'ils tiennent en esclavage... Il doit donc être clair que notre armure vient de Dieu. C'est en nous revêtant du Christ pour être un homme nouveau dans la ligne même de notre baptême que nous pouvons combattre les puissances du mal. »L'arme absolue contre le démon, c'est Dieu lui-même.


« Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ?

Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je ?

Qu'une armée vienne camper contre moi, mon cœur est sans crainte ;

qu'une guerre éclate contre moi, j'ai là ma confiance » (Psaume 27, 1-3).


Les prières remises lors du premier contact sont à maintenir, bien sûr !

L’Esprit Saint qui donne la vie3

« L'Esprit Saint vous introduira dans la vérité tout entière... » Jean 16, 13.

L'expérience la plus douloureuse dans notre vie est celle de notre incapacité d'aimer. Tant que nous n'avons pas touché à cette vérité déconcertante, il nous est difficile d'avancer sur le chemin de la foi. C'est le plus grand enjeu du combat spirituel : prendre conscience de cette infirmité de notre âme et remplir nos cœurs assoiffés d'amour et de tendresse. Une tendresse qui ouvre sur une compassion infinie pour les blessures et les souffrances de nos proches et de nos contemporains. Une tendresse dont la douceur est l'une des caractéristiques les plus fortes. « Heureux les doux car ils posséderont la terre ! » Cette douceur est la marque de l'Esprit Saint qui « donne la vie en surabondance », comme l'avait annoncé le Christ Jésus et prophétisé le prophète Joël : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau.»

Le péché, ultimement le refus de Dieu, mot que nous n'avons plus l'habitude d'entendre, est le poison de la vie dans l’Esprit. Il empêche l'épanouissement plénier de notre humanité blessée, recroquevillée sur elle-même, qui donne parfois, dans des sursauts d'orgueil, l'illusion de pouvoir s'en sortir par ses propres forces. Le péché, en stimulant notre orgueil, nous conduit à la mort et au désespoir. Il aveugle aussi notre conscience qui tente alors de justifier nos complicités plus ou moins conscientes avec le mystère du mal. Pourtant, il suffit d'ouvrir les yeux et les oreilles pour entendre les gémissements du pauvre et les pleurs de ceux qui endurent l'injustice aux portes de nos cités. Le péché personnel par contagion distille son poison dans les organisations humaines, sociales et politiques, initiant des structures de péché qui, à la longue, peuvent nuire dangereusement à la paix d'une famille, d'un village, d'un pays ou du monde... Chaque victoire est une victoire pour le monde : « Une âme qui s'élève, élève le monde et une âme qui s'abaisse, abaisse le monde. » Sans oublier que « sans Lui, nous ne pouvons rien faire... »

« Laissez-vous guider par l'Esprit » (Galates 5, 16).

D'où la nécessité de prier chaque jour l'Esprit Saint et de se mettre à son écoute !

Alors nous porterons un fruit vivant et comblant :

« Le fruit de l'Esprit est amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, confiance dans les autres, douceur et maîtrise de soi ; contre de telles choses, il n'y a pas de loi » (Galates 5, 22-23).

Appelons l’Esprit Saint, le Maître de notre vie qui viendra nous guider, nous éclairer, nous consoler, nous fortifier et nous aider à chaque instant de la nuit et du jour, notamment par ces deux grandes prières que nous propose l’Eglise : le Veni Sancte Spiritus ou le Veni Creator :


Veni Sancte Spritus

Viens, Esprit Saint, en nos cœurs

et envoie du haut du ciel

un rayon de ta lumière.


Viens en nous, père des pauvres,

viens, dispensateur des dons,

viens, lumière de nos cœurs.

 

Consolateur souverain,

hôte très doux de nos âmes,

adoucissante fraîcheur.

 

Dans le labeur, le repos,

dans la fièvre, la fraîcheur,

dans les pleurs, le réconfort.

 

Ô lumière bienheureuse,

viens remplir jusqu’à l’intime

le cœur de tous tes fidèles.

 

Sans ta puissance divine

il n’est rien en aucun homme,

rien qui ne soit perverti.

 

Lave ce qui est souillé,

baigne ce qui est aride,

guéris ce qui est blessé.

 

Assouplis ce qui est raide,

réchauffe ce qui est froid,

rends droit ce qui est faussé

 

A tous ceux qui ont la foi

et qui en toi se confient

donne tes sept dons sacrés.

 

Donne mérite et vertu,

donne le salut final,

donne la joie éternelle. Amen.

 

Vaincre les tentations

  1. Les étapes de la tentation : suggestion présence consentement chute disposition habituelle
  • Une pensée sollicite notre imaginaire : c’est « la suggestion séduisante » du Psaume 35, 2 :

« C’est le péché qui parle au cœur de l’impie »

Elle provoque un trouble qui entraîne et séduit l’être humain, tous les êtres humains.

Le combat implique une hygiène des sens (en particulier de l’ouïe et de la vue) et une gestion de sa pensée face aux puissances qui attaquent : l’ignorance, le doute, l’oubli et la négligence. C’est la vigilance.

« Si la suggestion du diable t’assaille, ne le laisse pas entrer dans ton cœur » Qohélet 10, 4

  • Sinon c’est une présence harcelante que l’on entretient en dialoguant avec elle : elle nous obsède.

Le combat implique la décision de penser à autre chose.

  • Sinon c’est le consentement : la chose réjouit le cœur de l’être humain

Le combat implique de le refuser afin de progresser.

  • Sinon c’est la chute : excès qui bascule en un acte posé

Le combat implique de demander pardon, de vivre le sacrement de réconciliation et de tout faire pour ne plus recommencer.

  • Sinon cela devient une habitude, une addiction dont on devient vite l’esclave.

Le combat implique alors une prière de délivrance et des efforts vigoureux.

  1. Les armes du combat spirituel face aux tentations

St Paul aux habitants d’Ephèse savait qu’ils auraient à mener toute leur vie un combat contre Satan. Il termine sa lettre en disant : « Revêtez l'armure de Dieu, écrit-il, pour pouvoir résister aux manœuvres du diable. Car ce n'est pas contre des adversaires de chair et de sang que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde des ténèbres, contre les Esprits du Mal qui habitent les espaces célestes » (Ephésiens 6, 11-12).

Et il se plaît à décrire la panoplie d'armes à brandir dans ce combat : « Tenez-vous donc debout, avec la vérité pour ceinture, la justice comme cuirasse, et pour chaussures le zèle à propager l'Évangile de la paix. Ayez toujours en main le bouclier de la foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais. Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la Parole de Dieu »4 .

Le combat spirituel se fonde radicalement sur la foi en la Passion-Résurrection de Jésus Christ, victoire sur « celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable » Hébreux 2, 14

Dans le second livre des Chroniques, lorsque trois armées coalisées attaquèrent l'armée du Roi de Juda, celui-ci cria vers le Seigneur et Dieu lui répondit : « Ne craignez pas, ne vous effrayez pas devant cette foule immense ; ce combat n'est pas le vôtre mais celui de Dieu [...] Prenez position, vous verrez le Salut que le Seigneur vous réserve »5. Mais il ne se fera pas sans vous : mettez-vous en marche !

  1. Mais aussi continuer de renoncer aux mauvaises habitudes

Infidélités ; films pornographiques – si luxure - ; boissons alcoolisées – si dépendance à l’alcool - ; drogues ;

pratiques intense d’ésotérisme ; de spiritisme ; de méditation passive ; d’astrologie ; de radiesthésie ; de divination en vue de prédictions (mancies) ; de dérives sectaires ; d’appartenance à une société secrète initiatique gnostique ; de pratique de ‘channeling’; de déplacements d’énergie ; d’occultisme ; d’ouverture de chakras ; de participation à certaines thérapies alternatives énergétiques (kinésiologie, sophrologie, Reiki…) ; de chamanisme ; de conjuration magique de maladies (ex : coupure de feu) ; de maléfices liés à des conflits ; d’imposition des mains au-dessus du corps ; de musiques incitant à l’ultraviolence destructrice, au suicide, au meurtre, à la barbarie voire à l’assassinat ; de banalisation de la violence, notamment à l’école, en couple ou en société.6

  1. Les trois réponses de Jésus aux tentations : Matthieu 4,1-11.

« Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » La première tentation de Jésus est celle du matérialisme : se servir de sa puissance divine pour satisfaire ses besoins matériels. Sa réponse, puisée au livre du Deutéronome, souligne le choix de faire prévaloir l’accueil de la Parole de Dieu sur la satisfaction des besoins matériels, la primauté de l’être sur l’avoir. « Il est écrit : ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».

« Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » La seconde tentation faite à Jésus est celle du paraître et de l’orgueil : se servir de sa puissance divine pour acquérir le prestige et la gloire auprès des hommes. Sa réponse est claire : l’humilité de l’obéissance ; préférer la confiance envers le Père plutôt que le merveilleux auprès des hommes. « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ».

« Tout cela, je te le donnerai, si tu te prosternes pour m’adorer ». La troisième tentation faite à Jésus est celle de la volonté de puissance : se servir de sa puissance divine pour manipuler les autres. Sa réponse exprime son choix de l’humble service de Dieu à l’encontre de tout espoir de domination terrestre. Elle exclut aussi tout compromis, tout partage de puissance avec Satan : « Arrière Satan, car il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, et c’est lui seul que tu dois adorer. »

La Vierge Marie résume ce triple combat fondamental dans sa réponse à l’ange Gabriel (Luc 1, 38) :

- « Je suis la servante du Seigneur » : le service, réponse à la 3° tentation ; Marie adore. Marie, abandonnée à la volonté du Père, avec toi, nous demandons la grâce de l’humilité et du service.

- « Qu’il me soit fait » : l’obéissance, réponse à la 2° tentation ; Marie s’humilie. Marie, tu as vécu dans l’obéissance et le plus souvent une vie cachée ; avec toi, nous demandons la grâce de pouvoir suivre Jésus sur le chemin de la confiance et de l’abandon.

- « Selon ta Parole » : l’écoute et l’accueil de la Parole, réponse à la 1° tentation ; Marie écoute. Marie, tu es tout entière offerte à l’accueil de la Parole ; avec toi, nous demandons la grâce d’être habités par la Parole divine.


Être pardonné et pardonner

Une étape essentielle de ce combat spirituel qui engage toute notre vie est cette expérience de la réconciliation : refaire alliance avec Dieu. Tout ce qui salit l'amour, de quelque manière que ce soit, éloigne notre conscience du Dieu Amour. Le mal est toujours un manque d'amour et blesse notre relation amicale avec Dieu. Quand nous faisons du mal à un autre homme, nous blessons le cœur de Dieu qui est un Père aimant tous ses enfants ; quand nous souillons la Création, nous blessons l'œuvre de Dieu ; quand nous ne respectons pas notre corps ou celui de l'autre, nous souillons le temple où Dieu a établi sa demeure. Or l'enjeu principal du combat spirituel est de faire alliance avec Dieu et de maintenir ce cœur à cœur avec le Dieu Trinité, relation d'amour, en lui demandant la pureté du cœur : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » Le bien, sous toutes ses formes, comme but de l'amour, est le reflet de Dieu comme l'est la vérité. En adhérant au bien et au vrai, reflets de la vie divine, nous choisissons la voie de l'amour et de la vérité.

  1. L’examen de conscience

Un examen de conscience est nécessaire. En effet, le but de cette mise en ordre devant Dieu est de rééquilibrer l'âme souffrante, la conscience blessée. Cette souffrance spirituelle ne peut être soignée que si nous participons activement à son traitement. L'examen de conscience est un des outils majeurs que la tradition de l'Église a mis à la disposition de chaque croyant - et non-croyant !

Si autrefois chaque membre de la famille pratiquait cet exercice, il a aujourd'hui malheureusement presque disparu dans la vie de tous les jours. C'est regrettable, car il est un facteur d'équilibre psychologique et spirituel indéniable. Arrêtons de nous en remettre au jugement des autres et devenons le chef d’orchestre de notre vie dans toutes ses composantes : physique, psychique, spirituelle et relationnelle.

Pour mieux saisir l'importance de l'examen de conscience, il convient de définir ce que la tradition chrétienne appelle « conscience ». Cette faculté donne à l'individu la possibilité de se connaître lui-même et de se situer dans une relation avec le monde et les personnes qui l'entourent. Elle peut être définie soit par un cadre psychologique, soit par un cadre spirituel. C'est à ce dernier qu'il faut s'attacher pour ce qui nous préoccupe. La conscience est un don de Dieu qui confère à l'homme la connaissance des êtres, du monde et de lui-même. Les pères de l'Église définissent la conscience comme le miroir de l'âme dans lequel se reflète le visage de Dieu.

Dans cette perspective, si la conscience est un miroir, chaque déviation, chaque péché en trouble la surface et, de ressemblance, l'image devient dissemblance. Si la conscience reflète Dieu, elle doit être tenue pure et droite. La morale n'a pas d'autre objet que de prévenir les fissures du miroir.

Lorsque l'individu se coupe de l'image du Modèle, c'est-à-dire de Dieu, sa conscience est altérée par une vision réductrice et narcissique. Ce n'est plus Dieu qui est la source de la conscience, c'est l'individu lui-même, et de fait tous les dérèglements s'ensuivent.

En d'autres termes, les péchés, les culpabilités, les blessures que nous amassons depuis notre naissance troublent l'eau du miroir de notre conscience. Et c'est en se libérant de ces remous que le miroir s'apaise et peut refléter « la lumière qui éclaire tout homme ».

Dans l'examen quotidien, par les critères que donne l'Église, c'est-à-dire les sept péchés capitaux, les commandements, les vertus et les règles morales chrétiennes, nous pouvons mesurer nos difficultés à maintenir paisible le miroir de notre conscience. Les sentiments de tristesse, de colère, de lassitude, de dégoût sont autant de signes qui nous indiquent une difficulté. Il ne s'agit pas alors de s'auto-pardonner ou de s'auto-flageller, il s'agit de déposer devant Dieu nos faiblesses, nos pulsions, nos inconsciences.

Cet examen n'est pas de caractère psychologique, il ne s'agit pas d'une introspection, mais plutôt d'une mise à plat, devant Dieu, de notre état de conscience.

Comment pratiquer l'examen de conscience ?

L'examen de conscience se pratique de manière très simple au regard de ce que l'Église a déterminé comme étant les tendances négatives de l'âme. Si nous nous laissons emporter par elles, elles nous blessent et vont jusqu'à créer des déséquilibres vitaux. Si l'on s'en tient à la Tradition, ces tendances négatives sont au nombre de sept, appelées communément les péchés capitaux :

  • L'amour désordonné de soi-même qui est l'orgueil et la vaine gloire, d'où dérivent la désobéissance, la fanfaronnade, l'hypocrisie, la discorde par rivalité, la dispute, l'amour des nouveautés. Cette vaine gloire – le vouloir paraître, la vanité – a aussi pour conséquence le péché suivant.
  • La tristesse, le dégoût des choses spirituelles et du travail de la sanctification. De ce dégoût, contraire à l'amour de Dieu, naissent la malice, la rancœur, le découragement, la torpeur spirituelle, l'oubli des préceptes, la recherche des choses défendues.
  • L'envie, ou la tristesse du bien d'autrui, comme s'il nous empêchait de nous élever. De là dérivent la haine, la médisance, la calomnie, la joie du mal d'autrui et la tristesse de ses succès. De là dérive le péché suivant.
  • La colère, opposée à la mansuétude, d'où naissent les disputes, les emportements, les injures, les vociférations, le blasphème.
  • L'avarice, contraire à la générosité, au partage et à la charité, à la justice, d'où dérivent la perfidie, la fraude, la fourberie, le parjure, la perturbation, la dureté et l'endurcissement.
  • La gourmandise, qui engendre le cynisme, la vulgarité, la bouffonnerie, l'impureté, les discours insensés, la stupidité.
  • La luxure, contraire à la chasteté, dont découlent l'aveuglement de l'esprit, l'indifférence, la précipitation, l'inconstance, l'amour de soi jusqu'à la haine de Dieu, l'attachement à la vie présente qui détruit l'espoir de la vie future, l’adultère et l’infidélité.

Il faut considérer ces sept tendances comme les lignes du déséquilibre. Elles vont au-delà du simple sens moral.

L'examen de conscience se pratique traditionnellement tous les soirs, avant de se coucher, comme une relecture de la journée. Il dure peu de temps. Il suffit d'énumérer les points faibles, de les reconnaître, de mesurer les progrès, de s'engager à se corriger et … s’y tenir !

 

  1. La prière quotidienne du Notre Père

Prière de délivrance exemplaire, elle comporte les étapes suivantes : la louange et la glorification du Nom et du Règne de Dieu, la soumission à sa volonté, la confiance en sa Providence, le pardon demandé et donné, la protection contre le tentateur et enfin la délivrance.

On peut recevoir de nombreuses bénédictions si on prend l’habitude de la dire sincèrement et lentement.

Commentaire du Catéchisme de l’Eglise Catholique § 2851 :

« Dans cette demande le mal n’est pas une abstraction, mais il désigne une personne, Satan, le Mauvais, l’ange qui s’oppose à Dieu. Le « diable » (dia-bolos) est celui qui se ‘jette en travers’ du dessein de Dieu et de son ‘œuvre de salut’ accomplie dans le Christ ». La dernière demande s’applique particulièrement au combat spirituel : « mais délivre-nous du Malin » comme on le traduit parfois. Certaines traductions se contentent de dire « du mal », mais il semble que les premiers chrétiens comprenaient : « le Malin ». Quoi qu’il en soit, « le mal » inclut le mal démoniaque.

 

  1. Le sacrement de réconciliation7

Ce sacrement nous met dans les meilleures dispositions pour le combat spirituel puisqu'il nous remet en orbite en nous rendant plus apte à recevoir les dons de Dieu. Si nous avions perdu « l'état de grâce » en commettant un péché grave, nous retrouvons ce lien vivant de confiance et d'amour qui nous rétablit dans la plénitude de notre dignité d'enfant de Dieu. Vivre ce sacrement de guérison, c'est s'approcher du Christ lui-même et de son Père, plein de miséricorde. À travers l'humble figure du prêtre, c'est Jésus qui nous prend sur ses épaules pour nous ramener à la bergerie. Beaucoup de chrétiens éprouvent encore quelque difficulté à vivre ce sacrement; il est vrai qu'il faut une bonne dose de foi et d'humilité pour faire l'aveu de ses fautes à un prêtre. Mais quel merveilleux chemin de libération et de purification ! Et là aussi, c'est un vrai combat !

L’Eglise recommande le sacrement de réconciliation une fois par mois ! 

Les efforts pour collaborer à l’action de Dieu

  • L’apprentissage du silence afin d’être plus présent à soi-même, aux autres et à Dieu
  • Un équilibre de vie : sommeil, nourriture, boisson, activité physique, lectures et rencontres enrichissantes…
  • La maitrise de ses paroles : mensonges, médisances, calomnies, critiques systématiques, diffamations, fausses accusations, bavardages, plaintes continuelles, murmures, obscénités, blasphèmes du nom de Dieu, promesses irréfléchies, paroles toujours négatives… Oser la bienveillance !
  • Le travail ou l’engagement solidaire sont bénéfiques : sortir de l’imaginaire, structuration des journées, gagner sa vie, reconnaissance sociale…
  • La prière de protection quotidienne à vivre non comme un acte magique mais comme un abandon total entre les mains du Père :

« Dieu notre Père, protège notre Saint Père … et toute l’Eglise, notre Evêque Mgr … et tout ce diocèse, nous-mêmes, nos familles, nos amis, nos relations, notre travail, … nos biens et tout ce qui nous appartient. Par le Sang de l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, que nous soyons purifiés de tout péché et protégés de toute influence du Malin qui nous divise d’avec le Christ et de nos frères. Nous te le demandons par Jésus le Christ qui vit avec Toi dans l’unité du Saint Esprit pour les siècles des siècles. Amen. »

  • L’ouverture du cœur à un accompagnateur spirituel : humblement, on accepte l’aide régulière de celui qui a reçu le don de discernement. « Rien n’est plus grave que de se diriger soi-même, rien n’est plus fatal »8
  • La vigilance à éviter les situations susceptibles de faire surgir de nouveaux liens négatifs.

Attention aux addictions possibles : télévision, internet, portables, jeux vidéo, tabac, alcool, drogue, sexe, distractions…

  • Eventuellement la préparation à un sacrement (baptême, eucharistie, confirmation…) : prendre contact avec le service diocésain du catéchuménat
  • Le Signe de croixet le crucifix, évoquent à la fois la Trinité bienheureuse, la croix de Jésus, sa puissance de protection et la bénédiction. Saint Athanase d'Alexandrie a dit que « l'armée démoniaque est terrorisée et horrifiée par la croix ». Avez-vous un crucifix à la maison ? (avec le rameau !)
  • Le jeûne personnel, individuel, familial ou communautaire, (Daniel 10, 2-3) - (cf. Actes des Apôtres 9, 9) doit se vivre selon les normes prévus par l’Eglise (Cf. Droit canonique) ainsi que discerné dans l’accompagnement spirituel. Si on ne peut jeûner d’aliments, on peut, par amour pour Dieu et les hommes, sans présomption ni orgueil, renoncer par exemple à la télévision, à l'alcool, aux sucreries, à la cigarette ou à d'autres plaisirs… afin de développer la maîtrise de soi. Pendant ces jours de jeûne on peut consacrer plus de temps à la prière et à la lecture de la Parole de Dieu, mais il faudra mettre de côté ce qu'on aurait dû dépenser pour sa nourriture en vue de subvenir aux besoins d'un pauvre.

Le jeûne qui plaît au Seigneur est celui qui accomplit les œuvres de justice sociale et de miséricorde, qui partage son pain avec les affamés et accueille les pauvres (cf. Isaïe 58, 6-8). Certes, on peut jeûner pour des raisons thérapeutiques et c'est une bonne chose ; mais il faut faire le jeûne spirituel dans l'humilité, sans s'imposer des mortifications excessives, sans vouloir accomplir un rituel ni marchander avec le Seigneur.

  • L’approfondissement de sa foi : cours α, formation théologique… « Ecarte de moi, Seigneur la double obscurité où je suis né : le péché et l’ignorance » Saint Thomas d’Aquin
  • Des œuvres d’amour fraternel : engagement solidaire et désintéressé, partages.
  • Eventuellement, une assistance médicale ou psychologique pour aider à rétablir les forces psychosomatiques, ébranlées par l’ennemi de l’homme.
  • Une vie fraternelle partagée avec d’autres chrétiens
  • L'eau bénite et le sel, les objets de piété : médailles, scapulaires, icônes, chapelets, images et statues, même l'étole du prêtre agissent comme des sacramentaux.

Mais soyons vigilants face à l'usage superstitieux ou abusif des sacramentaux. C'est Jésus qui nous protège, nous sauve des attaques du démon et non les sacramentaux ou des prières dites efficaces ou des chaines de prière. L'essentiel de notre foi repose sur la personne de Jésus, l'Eucharistie, la vie de prière toute simple et non sur la multiplication des dévotions privées, des actes de piété, d’objets pieux, de dévotions privées interminables, pour amener Dieu à faire notre volonté, au lieu de nous appliquer à faire la sienne. En mettant notre confiance dans des choses pieuses plutôt que dans la personne de l’unique Saint, il peut y avoir un risque de superstition et aussi de magie. Nous avons besoin de discernement.

Méditer la Parole de Dieu

« Une grande sauvegarde pour ne pas pécher, c’est la lecture des Ecritures »9

Il peut être très utile de se servir de passages ou de versets de la Bible dans le combat spirituel, car la Parole de Dieu dans l’Écriture Sainte est elle-même particulièrement puissante. Par exemple, à un moment où vous sentez que vous subissez une attaque du mal particulière, vous pouvez lire le psaume 23 (22): « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien… » ou vous pouvez préférer le psaume 91 (90) : « C’est lui qui te délivrera du filet de l’oiseleur… et de la peste maléfique… Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, ni la flèche qui vole de jour, ni la peste qui marche en la ténèbre. »

Vous pouvez aussi trouver utile de vous écrier avec le collecteur d’impôts : « Seigneur, aie pitié de moi pécheur ! » (Luc 18, 38), ou encore dire avec Marie : « Voici la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole » (Luc 1, 38). Dans le Nouveau Testament, vous pouvez encore penser à Matthieu 10, 29, lorsqu’il parle des « cheveux de notre tête qui sont tous comptés », et à Matthieu 11, 28 qui commence ainsi : « Venez à moi, vous tous qui ployez sous le fardeau, et je vous procurerai le repos.»

Ainsi l'annonce de la parole de Dieu est-elle toujours une victoire sur le diable. Arme offensive par excellence, la Parole vivante est un glaive à deux tranchants qui met l'Adversaire en déroute. Au cours de la tentation au désert, dans ce combat spirituel exemplaire, Jésus a débouté Satan avec des versets bibliques (Matthieu 4, 4 – 11).

Il faudra aussi la mettre en pratique : « Mettez la Parole en application, ne vous contentez pas de l’écouter ; ce serait vous faire illusion » Jacques 1, 16-27

Un groupe biblique permet de partager ses questions et d’accueillir les réponses de l’Eglise.

On pourra méditer la Parole de Dieu de chaque jour que l’on retrouvera dans un missel ou dans les publications comme Parole et Prière, Magnificat ou Prions en Eglise.

On pourra méditer le Décalogue (Exode 20, 1-18), les paroles de vie données par Dieu à Moïse. Les commandements sont une recommandation forte, insistante de Dieu permettant aux hommes de construire une relation en les laissant libres de leurs actes. C’est un appel à l’amour et à la liberté qui structurent la relation aux personnes.

Dans la foi chrétienne, les dix paroles s’articulent autour de l’unique et même commandement de l’amour de Dieu et du prochain.
« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.

1- Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces images, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ; mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur garde ma fidélité jusqu’à la millième génération.

2- Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque son nom pour le mal.

3-Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui réside dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a consacré.

4- Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.

5- Tu ne commettras pas de meurtre.

6- Tu ne commettras pas d’adultère.

7- Tu ne commettras pas de vol.

8- Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.

9 et 10- Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient. 

On pourra aussi méditer les Béatitudes (Matthieu 5, 3-12) : un des moyens qui aide dans ce chemin de bonheur.

Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.

Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

Heureux les affligés, car ils seront consolés.

Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.

Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute

et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

L’Eucharistie dominicale

« Une chose est de prier chez soi… autre chose est de participer à la célébration eucharistique » 10

L'Eucharistie, sacrement du Corps du Christ(Cf. Catéchisme de l’Eglise Catholique n °1322 sq.) est aussiun sacrement de délivranceet de guérison. Lorsqu'on participe à la messe ou que l'on prie devant le Saint Sacrement, on est en présence de Dieu-Trinité lui-même. Si nous communions au Corps du Christ en état de grâce, nous nous unissons réellement à Lui pour que sa vie devienne notre vie, sa victoire notre victoire, ses saintes plaies notre guérison.

C'est pourquoi il faut recevoir, chaque dimanche, le Corps eucharistique de Jésus qui nous rassemble, nous enseigne par sa Parole, nous nourrit lors de notre communion (sacramentelle ou spirituelle11), nous fortifie, nous protège contre les attaques démoniaques et nous libère.

Marie et Joseph, les anges, les saints

Intercéder, demander en faveur d’un autre, est, depuis Abraham, le propre d’un cœur accordé à la miséricorde de Dieu. Dans le temps de l’Église, l’intercession chrétienne participe à celle du Christ : elle est l’expression de la communion des saints. Dans l’intercession, celui qui prie «  ne recherche pas ses propres intérêts, mais songe plutôt à ceux des autres » (Ph 2, 4), jusqu’à prier pour ceux qui lui font du mal (cf. Etienne priant pour ses bourreaux, comme Jésus : cf. Ac 7, 60 ; Lc 23, 28. 34).

« Le Rosaire de la Vierge Marie est une prière dont le centre est christologique. Dans la sobriété de ses éléments, il concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique, dont il est un résumé. En lui résonne à nouveau la prière de Marie, son Magnificat permanent pour l’œuvre de l’Incarnation rédemptrice qui a commencé dans son sein virginal. Avec lui, le peuple chrétien se met à l’école de Marie, pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l’expérience de la profondeur de son amour. Par le Rosaire, le croyant puise d’abondantes grâces, les recevant presque des mains mêmes de la Mère du Rédempteur. […] Si la liturgie, action du Christ et de l’Eglise, est l’action salvifique par excellence, le Rosaire, en tant que méditation sur le Christ avec Marie, est une contemplation salutaire. Le centre de gravité de l’Ave Maria, qui est presque comme une charnière entre la première et la seconde partie, est le nom de Jésus. Le Rosaire conserve toute sa force et reste un moyen indispensable dans l’évangélisation.

Saint Jean-Paul II ; extraits de Rosarium Virginis Mariae

chapelet 1


chapelet 2


chapelet 3



Confiez-vous à la Vierge Marie. Elle est votre mère en vérité. Elle vous protège. Remettez-lui tout. Ce que vous lui confiez est en bonnes mains. Restez en sa présence. Elle guidera tout vers Son Fils Jésus.

Consécration à Marie de St Louis Marie Grignon de Montfort

« Moi, … [votre prénom], je renouvèle et ratifie aujourd’hui, entre tes mains, les vœux de mon baptême ; je renonce pour jamais aux séductions de Satan et à ses œuvres et je me donne tout entier à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, pour porter ma Croix à sa suite tous les jours de ma vie.

Afin que je lui sois plus fidèle que je ne l’ai été jusqu’ici,

je te choisis aujourd'hui, Ô Marie,

en présence de toute la cour céleste, pour ma Mère et ma Reine.

Je te livre et consacre en toute soumission et amour, mon corps et mon âme,

mes biens intérieurs et extérieurs et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures,  te laissant un entier et plein droit de disposer de moi

et de tout ce qui m'appartient, sans exception, selon ton bon plaisir,

à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l'éternité. Amen. »

 

Confiez-vous à Saint Joseph, père et maître de vie spirituelle :

« Je te salue Joseph, toi que la grâce divine a comblé ;

le Sauveur a reposé dans tes bras et grandi sous tes yeux ;

tu es béni entre tous les hommes et Jésus, l’Enfant divin de ta virginale Epouse, est béni.

Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu,

prie pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail,

jusqu’à nos derniers jours, et daigne nous secourir à l’heure de notre mort. Amen. »

 

Et priez aussi l’archange Saint Michel :

« Saint Michel Archange, défends-nous dans le combat. Sois notre secours contre la méchanceté et les embûches du démon. Nous le demandons en suppliant : que Dieu lui commande ; et toi, chef de l’armée du ciel, par la force de Dieu, repousse en enfer Satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde pour perdre les âmes. Amen. »

On pourra aussi prier les litanies des saints.

En définitive, rendez-vous puissants dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force. Revêtez l'armure de Dieu, pour pouvoir résister aux manœuvres du diable. Car ce n'est pas contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes. C'est pour cela qu'il vous faut endosser l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester fermes. Tenez-vous donc debout, avec la Vérité pour ceinture, la Justice pour cuirasse, et pour chaussures le Zèle à propager l'Évangile de la paix ; ayez toujours en main le bouclier de la Foi, grâce auquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais ; enfin recevez le casque du Salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la Parole de Dieu. Vivez dans la prière et les supplications ; priez en tout temps, dans l'Esprit ; apportez-y une vigilance inlassable et intercédez pour tous les saints. Priez aussi pour moi, afin qu'il me soit donné d'ouvrir la bouche pour parler ci et d'annoncer hardiment le mystère de l'Évangile, dont je suis l'ambassadeur dans mes chaînes ; obtenez-moi la hardiesse d'en parler comme je le dois ». Ephésiens 6, 10-18 

1 Document envoyé après les rencontres d’une personne en situation de « mal-être ».
2 Journal d’un prêtre exorciste, Editions Bénédictines
3 Extraits de Jean-Régis Fropo, Le combat spirituel pour mieux aimer, Peuple Libre, p. 89 sq.
4 Ephésiens 6, 14-17
5 2 Chroniques 20, 15. 17
6 Voir certains bons articles sur le site http://pncds72.free.fr
7 Jean-Régis Fropo, Le combat spirituel pour mieux aimer, Peuple Libre, p. 94
8 Dorothée de Gaza, Instructions V, 66
9 Apophtegmes des Pères du désert, collection alphabétique, Epiphane 9
10 Pape François 10 février 2014
11 Voir avec votre accompagnateur la possibilité de communier ou non