Jubilé de la Miséricorde : la porte sainte de la basilique Saint-Pierre

De 1825 à 1900 cette porte restera fermée. Elle n’est ouverte que tous les 25 ans (rendez-vous donc en 2025 !) ou à l’occasion d’événements spéciaux décidés par le pape.

 

porte sainte st pierre

Cette porte de bronze a été offerte à Pie XII par l'évêque de Lugano, Mgr François von Streng, à l’occasion de l’année sainte 1949-1950, en ex-voto pour la protection de la Suisse pendant la seconde guerre mondiale.

Pie XII a souligné le thème illustré par les scènes évangéliques en disant:

« Les battants de bronze, louent avec un accent émouvant la magnificence de la miséricorde de celui qui est venu chercher ce qui était perdu ».

Passage de la miséricorde de Dieu face à la misère de l’être humain et inversement comme pour nous faire comprendre que la vie chrétienne, ce n’est pas l’être humain qui cherche Dieu mais Dieu qui le cherche. Cela souligne ce respect infini de notre Dieu qui frappe et attend, parfois pendant des années, que notre liberté lui ouvre la porte de notre cœur.

Priez pour que la porte de votre cœur s’ouvre à la grâce divine

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Les seize panneaux de bronze de la Porte Sainte ont été réalisés en 1950 par l’artiste italien Vico Consorti. Ils représentent des paraboles évangéliques de la miséricorde.

En partant du haut, à droite, quatre tableaux représentent le Chérubin veillant à la porte du paradis, et Adam et Eve chassés du paradis, l'Annonce faite à Marie, et l'ange Gabriel. En-dessous, quatre scènes évangéliques : le Baptême de Jésus, la parabole de la Brebis perdue, l'Enfant prodigue, la Guérison du paralytique. Quatre autres tableaux signifient la miséricorde : la Pécheresse pardonnée, Jésus enseigne à Pierre le devoir de pardonner, le Reniement de Pierre, le Bon larron. Enfin, la quatrième série représente trois apparitions du Christ ressuscité - à Thomas, aux Apôtres et à Paul - et l'ouverture de la porte sainte par Pie XII.

Une inscription rappelle cet événement, et une prière explique la signification du pèlerinage de l’année sainte : « Que les sources de la grâce divine jaillissent ici en abondance, purifient les âmes de ceux qui entrent, les restaurent en leur donnant la paix divine et les revêtent de la vertu chrétienne ».

La liturgie de l’ouverture de la Porte Sainte, à Rome, commence par une procession de pénitence au chant des litanies des saints et Ps 50. Arrivé devant la porte close, le pape la frappait avec un marteau en disant : « Ouvrez-moi les portes de la justice : j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur. Ouvrez-moi les portes, car Dieu est avec nous » Ps 117, 19-20 ; 5, 8 ; 117, 24. 19-20

Tandis que la porte s’ouvre, le Ps 99,2 lance l’appel à la jubilation : « Acclamez le Seigneur, terre entière, venez dans sa demeure chanter ses louanges »

Le pape ajoute : « Voici la porte du Seigneur, les justes la franchiront » Ps 101, 2

Et dans une prière qui se réfère d’abord à l’année jubilaire juive, il demande au Seigneur : « Qu’ayant obtenu au cours de cette année, le pardon et une pleine rémission de nos péchés, nous puissions, le jour où il nous appellera, jouir de la gloire céleste par le bienfait de sa miséricorde »

Le pape franchit alors la porte sainte et pénètre dans la basilique tandis que l’on chante : « Bienheureuse vision de paix : scintillantes de perles, tes portes sont ouvertes à tous »

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Qu’il n’y ait aucune porte blindée dans l’Église, mais des portes grandes ouvertes. C’est l’appel lancé par le Pape François, mercredi 18 novembre 2015, lors de l’audience générale place Saint-Pierre.

Dans sa catéchèse, le Saint-Père a demandé aux fidèles de profiter de l’Année sainte pour «franchir le seuil de la Miséricorde de Dieu». Et alors qu’aux frontières de plusieurs pays européens s’érigent des barbelés pour contrer l’arrivée de migrants, le Souverain Pontife s’est attardé sur la symbolique des portes.

«La porte nous dit beaucoup de choses concernant nos maisons, mais aussi l’Église». C’est en partant de ce constat que le Pape amène à la réflexion et interroge chacun de nous sur sa capacité d’accueil. «La gestion des seuils, des passages, des frontières des “portes” est devenue cruciale»; des portes, souligne François, «qui doivent certes protéger, mais qui ne doivent pas repousser».

Il y aujourd’hui trop d’endroits au monde «où les portes blindées sont devenues normales». Le Saint-Père exhorte à ne pas céder à ce cloisonnement «dans la vie des familles, de la société, de la ville et encore moins dans le vie de l’Église», «ce serait terrible! Une Église inhospitalière ou une famille renfermée sur elle-même humilient l’Évangile et endurcissent le monde».

«Aucune porte ne doit être blindée dans l’Église!» «La maison de Dieu est un abri non pas une prison» et sa porte c’est bien Jésus, rappelle le Pape. «Nous devons passer sans crainte par cette porte et écouter la voix de Jésus: si nous entendons le son de sa voix nous sommes sauvés». Or, déplore le Pontife, «trop de personnes ont perdu confiance, n’ont pas le courage de frapper à la porte de notre cœur chrétien, aux portes de notre Église». Une Église qui doit être signe de l’accueil d’un Dieu qui ne ferme jamais la porte. C’est dans cet état d’esprit que nous devons nous préparer au Jubilé de la Miséricorde, en ouvrant notre cœur au pardon du Seigneur et à tous ceux qui frapperont à notre porte.

 

Cité du Vatican, 18 novembre 2015 (VIS). Ce matin, au cours de l'audience générale Place St.Pierre, le Pape a évoqué la Porte Sainte à quelques jours de l'ouverture du Jubilé de la Miséricorde, et le symbole qu'elle constitue. Mais la "plus belle et la plus grande Porte Sainte est celle de la miséricorde divine. Elle accueille notre repentit et nous offre la grâce du pardon. Généreusement ouverte, il suffit d'un peu de courage pour la franchir... Pécheurs, nous devons tous profiter de l'occasion pour obtenir de Dieu sa miséricorde, de lui qui ne cesse de pardonner et de nous attendre". Le récent Synode a fortement encouragé les familles et l'Eglise toute entière à se retrouver sur le seuil de cette porte grande ouverte. L'Eglise a été encouragée à ouvrir ses propres portes afin de sortir pour aller avec le Seigneur à la rencontre des personnes qui sont désorientées et parfois même dans le doute... Il a été demandé aux familles chrétiennes d'ouvrir elles aussi leurs portes au Seigneur. Il demande à entrer, portant sa bénédiction". De même pour les portes de nos églises, de nos paroisses et de nos communautés. Il ne s'agit pas de forcer ces portes, mais de demander la permission de les franchir. Ces portes doivent toujours être ouvertes. Nous en sommes les gardiens. Maintenant, il y a trop d'endroits dans le monde où les portes sont pas fermés et verrouillés. Les portes blindées sont même devenues normales! Nous ne devons pas céder à l'idée d'appliquer ce système à notre vie, à la vie de famille...à la vie de l'Eglise. Une Eglise fermée et inhospitalière serait mortifère pour l'Evangile et aride pour le monde. Donc, pas de portes blindées dans l'Eglise. Tout doit y être ouvert!... La gestion symbolique des portes, seuils et passages de frontières, est devenue cruciale. Les portes doivent être surveillées, non murées. Il ne faut pas être forcés de les ouvrir. Par contre, on doit pouvoir demander la permission d'entrer et de recevoir l'hospitalité... Malheureusement, nombre de personnes ont perdu confiance... Elles n'ont plus la force de frapper à la porte de notre cœur chrétien, aux portes des églises... Nous nous sommes les gardiens et serviteurs de la Porte de Dieu, qui est Jésus, dit Francisco. Jésus est la porte qui nous permet d'entrer et de sortir parce que le bercail du troupeau de Dieu est un refuge, pas une prison. Si nous nous approchons de la porte et entendons la voix de Jésus, nous sommes sûrs d'être en sécurité". le Bon Pasteur est venu pour rassembler le troupeau. Et ce n'est pas le troupeau qui choisit son gardien. "L'Eglise est la gardienne de la maison du Seigneur, non son propriétaire". Le Pape a rappelé finalement que la Sainte Famille savait ce que signifie une porte ouverte ou fermée. Les familles chrétiennes doivent donc faire du seuil de leur maison un petit signe de la grande porte de la miséricorde divine. C'est dans cet esprit que nous devons tous nous préparer à entrer dans le jubilé de la Miséricorde.