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Une nouvelle affaire douloureuse a jailli le mois dernier dans l’Eglise, après tout ce que nous avions appris de terrible sur le Père Marie-Dominique Philippe, sur Jean Vanier… c’est maintenant une autre figure importante de l’Eglise en France qui est touchée : le Père Georges Finet, co-fondateur avec Marthe Robin des foyers de Charité.

Parmi les chrétiens beaucoup ont reçu des enseignements et des témoignages du Père Finet lui-même ou de pères d’un foyer. Personnellement, après avoir découvert la place essentielle de la Passion et de la Résurrection de Jésus, j’ai pu structurer ma foi naissante en allant chaque année me ressourcer lors d’une retraite en Foyer de charité.

Alors comment lire ces évènements ?

Comme le font les foyers eux-mêmes, il y a nécessité de faire la vérité, de ne pas se voiler la face. Certes le Père Finet a fait du bien et beaucoup de témoignages le confirment à travers sa prédication ou son accompagnement spirituel. La grâce de Dieu est passée par lui et nous ne devons pas fermer les yeux sur ce qu’un homme, même pécheur, a pu faire de bien. Mais il y a eu aussi le reste que l’enquête a révélé : cette pulsion, cette faille majeure qui l’entraînait vers le mal. Nous avons tous des pulsions, des failles. Sachons nous regarder en face, les identifier et à partir de cela il y a deux manières de faire : soit lutter pour les maîtriser, et c’est un travail long et parfois difficile, soit se laisser vaincre. C’est peut-être ce que l’on peut reprocher au Père Finet : un manque de contrôle de soi, de prudence, de distance et de chasteté dans la relation pastorale.

3 conclusions pour nous :

  1. L’exigence de sainteté à 100% ! Pas à 90% où il y aurait 10% où je me laisse vaincre par l’œuvre du démon ! Aucun chrétien ne devrait se permettre ce raisonnement-là. C’est 100% qu’attends le Seigneur ! Nous sommes des prêtres, des chrétiens ordinaires – voir parfois médiocres – mais nous devons toujours entendre cette exigence de sainteté à 100% qui prend toute notre vie et qui ne laisse pas de côté une part d’ombres.

Malgré notre médiocrité, donne-nous Seigneur, de ne jamais abandonner cet appel à la sainteté !

Les prêtres deviendront des saints en imitant Jésus, le bon pasteur « doux et humble de cœur » (Mt 11, 29), qui « donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11). Ils le font par l’annonce de la Parole de Dieu, par les Sacrements et par l’amour de leur communauté.

La sainteté des prêtres est importante car elle permettra l’évangélisation et touchera les cœurs. 

  • Savoir travailler sur soi. Le Père Finet avait des tas de talents, un rayonnement inhabituel, mais aussi une volonté de puissance, de dominer, un manque d’humilité, une difficulté à se remettre en cause et une tendance affabulatrice. C’est là que le démon s’introduit et creuse la faille.

Sachons travailler sur nous-mêmes, sachons identifier et développer les talents et les charismes que Dieu a placés en nous mais aussi identifier nos failles, nos limites, nos faiblesses parce que c’est là que le diable va travailler pour les élargir. Ne soyons pas aveugles sur nous-mêmes et en particulier sur nos insuffisances !

  • Ne pas bâtir des systèmes qui nous rendent intouchables : l’aura d’un prêtre est grande mais il est faillible. Il peut enseigner la vérité mais aussi dire des inexactitudes. Il peut prendre des décisions, mais pas toutes et pas tout seul. Il ne peut pas accompagner et demander une obéissance aveugle. Il ne peut pas mélanger for interne et for externe. Le prêtre n’est pas la seule référence en tout. Attention aux systèmes que l’on bâtit pour se protéger soi-même. Quelle complémentarité entre prêtres et laïcs peut-on attendre ?

3 pistes à méditer pour un travail de vérité et de purification :

  1. Revoir la paternité du prêtre : que disons-nous lorsque nous appelons un prêtre « père » ? Il y a des endroits où il ne l’est pas assez, parce qu’il est gestionnaire, enseignant, animateur… et des endroits où il l’est trop, d’une manière envahissante et manipulatrice !

Un père de famille trouve sa joie lorsque ses enfants deviennent adultes et autonomes et qu’ils sont à leur tour capables de devenir père ou mère. De même un prêtre est vraiment « père » lorsque ceux dont il reçoit la charge grandissent, deviennent adultes dans la foi et exercent à leur tour une paternité spirituelle. La paternité est indispensable ET elle doit s’effacer devant la Paternité de Dieu.

  • Revoir le charisme de chaque personne, de chaque communauté de paroisses dans un équilibre pastoral et une complémentarité entre laïcs et prêtres. Le prêtre est au service du sacerdoce commun de tout baptisé « prêtre, prophète et roi ». Quel est le charisme de chaque prêtre, de chaque baptisé, de chaque paroisse, de chaque communauté de paroisses ou religieuse ?
  • Développer la formation humaine, biblique, théologique, spirituelle et psychologique CHEZ TOUS LES CHRETIENS qui ne doivent pas végéter dans un infantilisme spirituel. Comment peut-on assister à tant d’eucharisties, à tant de conférences, sans un jour décider de structurer sa foi, de se remettre en cause, et la transmettre ?

En 1995, le pape Jean-Paul II décrète que, chaque année, la solennité du Sacré-Cœur sera la Journée mondiale de prière pour la sanctification des prêtres.

Nous sommes donc invités à demander au Seigneur de saints prêtres. C’est en nous approchant du Cœur de Jésus que nous apprendrons à devenir des saints et des saintes, tous ensemble.

Réflexions du Père Denis Broussat,

à partir d’une homélie du Père Jean-Noël Dol,

recteur du séminaire du diocèse de Fréjus-Toulon

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