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Louée par certains, objet de fréquents articles de presse la plupart du temps laudateurs, mais renvoyée à ses fondements magico-ésotériques par ses détracteurs, l’agriculture biodynamique est installée depuis des décennies dans notre département. Cette pratique, héritée de la philosophie anthroposophique, est utilisée dans la viticulture ou le maraichage.

Histoire

Rudolf Steiner est né 25 février 1861 en Croatie ; il est mort le 30 mars 1925 à Dornach, en Suisse. Philosophe et occultiste, il s’intéressa aux œuvres de Goethe puis de Nietzsche.

Il est le fondateur en 1913 de l’anthroposophie, qu’il qualifie de « chemin de connaissance », visant à « restaurer le lien entre l’Homme et les mondes spirituels ». Il se présentait comme un guide spirituel doué de pouvoirs médiumniques (clairvoyance) !

En 1905, Rudolf Steiner fréquente des obédiences initiatiques, notamment celles qui s’intéresse plus particulièrement aux sciences occultes telle que l’Ordre Memphis-Misraïm.

Rudolph Steiner est à l’origine de projets aussi divers que les écoles Waldorf, l’agriculture biodynamique, la médecine anthroposophique avec ses médicaments et produits cosmétiques Weleda, le label « Demeter » ou « Biodyvin » ( !).

Réincarnation et karma

Pour Rudolf Steiner, grâce à l’initiation qu’il donne, l’homme trouverait sa propre libération en développant ses facultés et son savoir, et ce en progressant d’incarnation en incarnation. Ainsi les corps seraient renouvelés à chaque incarnation. Le karma présiderait à ces réincarnations. Après la mort, l’esprit de l’être humain initié s’élèverait dans les mondes spirituels, aussi haut que lui permettrait son degré d’évolution. Il irait y rencontrer des entités spirituelles, avec lesquels il préparerait sa prochaine incarnation.

Enfin prêt, avec des conditions terrestres adéquates, l’esprit humain redescendrait vers la terre.

Mais…

La croyance en la loi du karma et de la réincarnation s’oppose à la Foi en la Résurrection.

La croyance en la possibilité de devenir clairvoyant et de développer trois degrés de cette clairvoyance : imagination, inspiration et intuition, par la pratique régulière des méditations anthroposophiques, ou même la lecture des œuvres de Steiner, est une déviance grave de la pratique de la prière chrétienne qui ne vise aucun pouvoir, mais une conformité de plus en plus grande à faire la volonté de Notre Père.

L’agriculture biodynamique

En 1924, Steiner donne une série de conférences à des agriculteurs, posant les bases (d’autres se chargeront ensuite de mettre en pratique) de la biodynamie. Cette pratique prend la nature dans son ensemble, entend convoquer les « énergies cosmo-telluriques » (via l’application de préparations à base de plantes, de bouse de corne de vache ou de silice) et prend en compte l’influence de la lune et des planètes.

L’agriculture biodynamique se base sur les influences astrales des signes du Zodiaque, sur des procédés magiques consistant à tuer et à brûler certains animaux en dispersant leurs cendres sur les champs durant la nuit pour éloigner la vermine, sur des rites consistant à pratiquer certaines méditations pour entrer en contact avec les « âmes-groupes » des animaux pour leur demander leur coopération invisible, sur des incantations, sur l’utilisation de cornes de vaches remplies de substances diverses remuées en imprimant au liquide la forme d’un signe infini (∞), cornes que l’on enfouit ensuite dans le sol, comme autant de capteurs d’énergies spirituelles pour réaliser des « préparations biodynamiques ».

Si, pour ses détracteurs, la biodynamie est indissociable de l’anthroposophie, le degré d’adhésion des exploitants en biodynamie aux préceptes de Steiner apparaît toutefois largement variable. Il va de l’adhésion assumée à une implication nettement plus distanciée pour certains, qui revendiqueront une approche plus « concrète » et moins ésotérique.

On déplore la quasi absence des études scientifiques menées sur le sujet, conséquence d’une défiance de l’institution de la recherche.

A ce jour, aucune étude scientifique n’a montré l’avantage de la biodynamie par rapport au bio classique.

On peut imaginer légitime pour un scientifique de se pencher – quels que soient les ressorts philosophiques derrière la pratique – sur l’efficacité de l’usage de silice pour les sols, par exemple, ou de toute pratique agricole. Parce qu’il en fera une interprétation scientifique, mais pas magique. Mais ce ne sera pas une étude sur la biodynamie parce qu’on ne mesurera jamais l’influence d’une force cosmique sur une corne de vache !!!

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