Dans Parole de Dieu

Apocalypse : fin du monde ou révélation du combat spirituel ? Illustré avec les miniatures du Beatus de la Seu d’Urgell (Xèsiècle). SIXIEME PARTIE

 23 mai 2012 7 trompettes

 

Introduction

Le septénaire des trompettes marque le commencement

des interven­tions décisives de Dieu dans le monde, en vue d’en chasser les ténèbres.

Avec elles s’achève le temps des avertissements (les sept sceaux).

Car les sept trompettes sont des fléaux !

 

Le cycle des trompettes débute, comme nous l’avons vu, lors du sep­tième sceau :

« Et je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu, et il leur fut donné sept trompettes » (Ap 8, 2).

Dans la Bible, la trompette donne l’alarme, tout comme le cor (Os 5,8) ;

elle appelle au combat (1 M 3, 54) ;

deux trompettes d’argent servent à Moïse pour convoquer la communauté

ou donner au peuple le signal du départ (Nb 10, 4).

La trompette est uti­lisée pour les grandes cérémonies,

comme le sacre d’un roi (2 R 11, 13) ou pour louer Dieu (Ps 98, 6 ; l Ch 13, 8) ;

elle donnera le signal de la résurrec­tion des morts à la fin des temps (l Co 15, 52) ;

enfin, elle servira à ras­sembler les élus lors de la Parousie (Mt 24, 31).

La trompette est un instrument qui se fait entendre de loin.

Ainsi, les trompettes de l’Apoca­lypse sonnent fortement

pour donner le signal du combat spirituel.

 

Les sept anges qui les utilisent ne sont attestés nulle part dans la prophétie,

excepté pour les sept coupes et dans les lettres aux sept Églises,

où le Christ s’adresse à l’ange de chacune d’elle.

Les anges des sept Églises sont chargés de transmettre aux croyants

qui les composent les avertissements du Seigneur.

Ici, de même, les sept anges aux sept trompettes transmettent les ordres divins,

en donnant le signal des plaies.

Les anges étant étymologiquement des « messagers », chaque trompette est un message.

Le septénaire des trompettes nous montre

le déploiement de sept fléaux s’abattant successivement sur le monde.

L’intervention de Dieu par le biais d’un enchaînement de fléaux

se trouve décrite de manière exem­plaire dans l’Ancien Testament,

à l’occasion de l’épisode de la sortie d’Egypte : il s’agit des célèbres « dix plaies d’Egypte » (Ex 7, 14-11,10). Les Hébreux étaient esclaves en Egypte, et le pharaon refusait de les laisser partir. Dieu décida donc d’envoyer dix calamités contre le pays et ses habitants, afin que le pharaon accepte enfin de libérer les Hébreux, deve­nus dès lors pour l’Egypte la cause d’un grand désastre. C’est seulement après la dixième plaie que le pharaon finit par céder, les autorisant enfin à partir.

 

Le contexte de l’Apocalypse est différent.

Il ne s’agit pas de libé­rer les croyants :

il s’agit de libérer l’humanité des Ténèbres qui l’asser­vissent.

Ce que Dieu veut cette fois est quelque chose d’ultime :

chasser le « Pharaon de ce monde », c’est-à-dire le Diable, hors du monde !

 

À l’occasion des quatre premières trompettes,

Jean développe une véri­table physique du « monde ».

Tandis que les philosophes grecs antiques avaient émis l’hypothèse

que le monde physique était constitué de quatre éléments fondamentaux

– la terre, l’eau, le feu et l’air –,

Jean distingue quatre réalités symboliques pour décrire le monde des hommes :

la terre, la mer, les eaux douces (les sources et les fleuves)

et la lumière (le soleil, la lune et les étoiles).

Les quatre premières trompettes nous montrent

comment ces quatre dimen­sions du monde sont frappées par Dieu.

Les quatre éléments discernés par Jean sont comme les quatre points cardinaux du monde : ils recouvrent toutes les dimensions de la condition humaine,

dans ses valeurs collec­tives (la terre et la mer)

et ses valeurs individuelles (les eaux douces et la lumière des astres).

Ainsi sont décrites les valeurs morales issues du judaïsme et du christianisme (la terre)

et celles issues du paganisme (la mer) ;

les sagesses développées par les efforts intellectuels des hommes (l’eau douce)

et celles qui sont illuminées par la Révélation (la lumière des astres).

 

Les sept trompettes inaugurent le combat spirituel ultime

qui sévit entre les « fils de la Lumière » et ceux qui suivent le Dragon.

Ce combat s’est d’abord déroulé au long de l’histoire humaine1:

il s’agit du temps des sept Églises et des sept sceaux.

Mais, avec les trompettes, nous assistons à la phase finale de ce combat.

Jusqu’au bout, les hommes demeurent libres d’embrasser la logique d’un des deux camps.

Les fléaux et les crises du monde conservent une valeur

d’avertissement et de semonce très précieuse

pour orienter le discernement spirituel des hommes.

Cependant, c’est vers le dénouement inéluctable de l’histoire de la création

que ce combat nous oriente.

Le texte de l’Apocalypse place celui qui le médite

face aux enjeux véritables de la vie présente,

en met­tant en crise directement sous ses yeux tout ce qui cache

et fait écran à sa raison d’être sur la terre.

Ainsi, les péripéties du combat spirituel doivent ouvrir les yeux du lecteur

à la vérité tout entière.

 

Lire

Première trompette

« Et le premier sonna de la trompette, et il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang, qui furent jetés sur la terre. Et le tiers de la terre fut consumé, et le tiers des arbres fut consumé, et toute l’herbe verte fut consumée » (Ap 8, 7).

 

Prier

 

Méditer

La première trompette est un étrange orage qui éclate soudainement sur la terre.

Le fléau de la grêle constitue la septième plaie d’Egypte :

« Il y eut de la grêle, ainsi qu’un feu jaillissant du milieu de la grêle » (Ex 9, 24).

La grêle détruisit alors les récoltes et les arbres de l’Egypte,

et elle tua les hommes et les bêtes qui ne se trouvaient pas dans un abri.

Dans le texte de l’Apocalypse, le fléau de la grêle apparaît ici pour la pre­mière fois.

Il sera encore mentionné lors de la septième trompette (Ap 11, 19)

et lors de la septième coupe (Ap 16, 21).

La grêle est le symbole typique de la colère divine.

Elle inflige une sorte de « lapidation »2 à tout ce qui se trouve sur son passage.

Il y a dans ce symbole de la colère de Dieu quelque chose d’ultime,

sa mention concluant les deux cycles des trompettes et des coupes.

Ce fait nous montre que la grêle est bien du côté de la gloire,

qu’elle est une manifestation de la puis­sance divine,

mais aussi une manifestation de colère.

 

Dans l’Ancien Testament, la grêle est associée au feu

dans certaines descriptions théophaniques (Ps 18, 13) ou des fléaux (Si 39, 29).

Le début de la première trompette fait songer au septième sceau,

lorsqu’un ange jette « du feu de l’autel » sur la terre (Ap 8, 5).

Le feu, en tant que fléau, désigne par excellence le châtiment divin :

Sodome et Gomorrhe furent détruites par une pluie de feu et de soufre (Gn 19, 24-28).

C’est pourquoi le feu qua­lifie l’essence du lieu de l’éternelle réprobation :

un « lac de feu et de soufre brûlants » (Ap 21, 8).

Le feu détruit (Am 1, 4), il fait souffrir (Is 47, 14 ; Dn 3, 21-23),

sans obstacle, il se répand (Gn 19, 24),

il consume sans rien lais­ser derrière son passage (Is 1, 7 ; 33, 11),

il est insatiable (Pr 30, 16) et, dans la vie future, « il ne s’éteint pas » (Is 66, 24).

Ces propriétés du feu nous précisent combien peut être « ardente » la colère divine !

 

La grêle et le feu envoyés par Dieu sur la terre sont « mêlés de sang ».

Ce sang rappelle celui des saints

qui au cinquième sceau réclament pré­cisément la vengeance de « leur sang » (Ap 6, 10) : Dieu, après les avoir fait patienter, répond maintenant pleinement à leur attente.

Le jugement divin met en lumière l’accusation portée par les saints

contre le monde, à la manière de Dieu interpellant Caïn pour le meurtre de son frère Abel :

« Qu’as-tu fait ! La voix du sang de ton frère crie vers moi du sol ! Main­tenant donc, maudit sois-tu de par le sol, qui a ouvert sa bouche pour prendre de ta main le sang de ton frère » (Gn 4, 10-11). Le message de la première trompette est comparable :

les habitants de la terre vont entendre le cri du sang des martyrs,

et de toutes les victimes de l’injustice du monde.

Dieu n’oublie pas les innocents ;

et d’une certaine façon ce sont eux qui donnent à la grêle et au feu toute leur puissance !

Les quatre premières trompettes sont placées sous le signe du feu :

pour les trois premières, c’est un feu extérieur

qui vient frapper l’un des éléments composant le monde ;

pour la quatrième, c’est le feu des astres qui perd son intensité.

On trouve d’ailleurs encore l’image du feu dans la cinquième trompette,

mais sous forme métaphorique cette fois (Ap 9, 2).

 

Sur la terre, les ravages engendrés par le signal de la première trom­pette sont très graves :

« Et le tiers de la terre fut consumé, et le tiers des arbres fut consumé, et toute herbe verte fut consumée. » Les trompettes sont placées incontestablement sous la loi du tiers.

Seules les cinquième et septième trompettes ne s’y réfèrent pas.

On retrouve le tiers avec le Dragon qui précipite le tiers des étoiles sur la terre (Ap 12, 4).

La Trinité, dans son mystère ineffable, exprime l’universalité cosmique de la règle des tiers, et c’est pourquoi le Dragon suscitera lui aussi deux autres Bêtes pour l’assister3.

Trois personnes dans la Trinité qui forment une unité

Trois symboles (le Dragon et les deux bêtes) qui forment une anti-unité.

Le tiers révèle ce qui est caché par l’unité apparente des choses :

il est un des trois sous-éléments qui constituent l’unité.

Dans l’Apocalypse, le tiers est le chiffre du châtiment (Ap 9, 15.18),

de même que le tiers des étoiles sera jeté sur la terre par le Dragon (Ap 12, 4),

et que la Grande Cité (Babylone) se scinde en trois parties (Ap 16, 19).

Dans l’Ancien Testament, les villes ou les peuples

qui subissent la destruction sont également régis par la règle du tiers,

c’est-à-dire qu’ils sont affligés par trois types de fléaux :

« Par le glaive, par la famine, et par la peste, moi je les exterminerai » (Jr 14, 12).

Le tiers exprime donc l’idée que, lorsqu’une partie d’un tout est affectée,

l’ensemble est désormais déséquilibré ou gravement frappé.

La division en tiers d’une ressource ou d’un ensemble social

(une ville, un royaume, une armée) est typiquement biblique (voir Ez 5, 2.12).

C’est en quelque sorte une façon de fractionner une quantité initiale

pour isoler ses éléments de base, chaque élément étant le tiers.

Pour les quatre premières trompettes, « le tiers » de la terre, de la mer,

des eaux douces et de la lumière indique une des­truction « substantielle »

de chacun de ces ensembles.

Contrairement au « quart », le « tiers » dépasse le plan purement quantitatif,

pour signifier que l’unité d’une réalité donnée est désormais ébranlée.

Par exemple, appliquée au champ des valeurs sociales,

la destruction du tiers de ces valeurs veut dire

que leur cohésion et l’influence qu’elles exerçaient sont rompues.

 

La grêle et le feu frappent la végétation : la terre, les arbres et l’herbe verte

(la végétation de petite taille).

Le tiers de la végétation est détruit (« brûlé-consumé »).

Il s’agit de l’ensemble de la végétation : la végéta­tion sauvage,

mais aussi les cultures des hommes.

La terre, prise au sens d’un « élément physique » du monde4,

est le lieu de cette première puri­fication,

puisqu’elle est le substrat nourricier de toute végétation.

Cepen­dant, il s’agit ici d’une plaie d’ordre « spirituel ».

La végétation, en effet, est un symbole lié au thème de la vie.

Elle est ce que l’on voit d’abord en contemplant un paysage :

la vie déployée sur toute la surface de la terre.

Les hommes ne sont pas encore directement frappés.

Ce qui est frappé par la grêle et par le feu

est ce qui fait vivre spirituellement les hommes,

ce qui les « nourrit ».

Ainsi, la végétation symbolise le milieu de vie,

les valeurs « fécondes » ou « vivantes » qui édifient une société juste.

Or, le tiers de ces valeurs porteuses de vie est consumé,

c’est-à-dire qu’il disparaît soudainement.

Là où la végétation se retire, le désert règne,

c’est-à-dire une dangereuse vacuité morale, prédisposant au chaos du paganisme.

En tant que symbole, la « terre », élément stable du monde physique,

s’oppose à la « mer », dont les eaux sont toujours mouvantes.

Deux types de sociétés sont décrits à travers cette opposition :

les sociétés reposant sur des valeurs sociologiques « stables » (la terre) ;

les sociétés « païennes » reposant sur un ensemble de valeurs morales éclectiques,

et qui ignorent ou rejettent les idéaux judéo-chrétiens (la mer).

Dire que la terre repré­sente les sociétés fondées sur un ensemble de valeurs morales

capables d’engendrer une sociologie « stable » et cohérente,

c’est dire que les valeurs générales enseignées

dans le Décalogue et dans l’Évangile sont acceptées, au moins dans leur dimension profane5. Une telle société engendre des hommes aptes à « se tenir droits »,

c’est-à-dire des per­sonnes libres et responsables.

Saint Augustin a bien saisi cette opposi­tion symbolique entre la terre et la mer,

qu’il utilise quant à lui pour distinguer les non-croyants des hommes de foi :

 

« Seigneur, cette mer est à vous ; elle est votre ouvrage ;

et cette terre aride a été formée par vos mains.

Ce n’est point l’amertume des volontés, mais la réunion des eaux,

qui a reçu le nom de mer.

Car vous réprimez aussi les mauvaises pas­sions des âmes ;

vous fixez les limites qu’il leur est défendu de franchir ;

enceinte puissante où leurs flots se brisent sur eux-mêmes ;

et vous formez ainsi la mer du monde,

et vous la gouvernez selon l’ordre de votre empire absolu sur toutes choses.

Mais ces âmes altérées de vous, présentes à vos regards et séparées,

pour une autre fin, de l’orageuse société de la mer, elles sont la terre,

que vous arrosez d’une eau mystérieuse et douce, pour qu’elle porte son fruit.

Et cette terre fructifie et, docile au comman­dement du Seigneur, son Dieu,

notre âme germe des œuvres de miséri­corde, « selon son espèce » ».

L’interprétation d’Augustin entre croyants et non-croyants

n’est certes pas tout à fait celle de l’Apocalypse,

mais elle s’en approche beaucoup,

saint Jean développant cependant une vision plus ample

sur les valeurs d’inspiration chrétienne ou non chrétienne qui fondent les civilisations.

Les deux Bêtes suscitées par le Dragon

sont à l’image de cette conception duelle de l’humanité :

la Bête de la mer et celle de la terre (Ap 13).

Chacune de ces deux Bêtes est issue de l’une de ces sociologies qui se partagent le monde. Le dualisme de la vision johannique de l’humanité ne regarde pas seulement

l’opposition purement spirituelle de la Lumière et des Ténèbres ;

au sein même du monde, Jean observe une bipolarité

qui existe jusqu’au niveau profane des sociétés, et qui les distingue nettement.

Seuls l’Agneau et le Dragon sont capables d’unifier la terre et la mer

sous une même bannière.

Cette uni­fication est tout l’enjeu des temps apocalyptiques.

Comme nous le ver­rons plus loin, la Bête de la terre,

faisant que les hommes adorent la Bête de la mer,

veut explicitement promouvoir les valeurs païennes

parmi les habitants de la terre (Ap 13, 12).

 

Le thème de la vie est commun aux quatre premières trompettes.

Il convient cependant de distinguer l’objet visé par chaque calamité.

Dans la première trompette, c’est la nourriture produite par la terre (les plantes)

qui est détruite au tiers.

À la troisième trompette, c’est l’eau dont s’abreuvent les hommes qui est touchée.

Les valeurs spirituelles de la société sont donc considérées ici

sous deux points de vue complémen­taires :

les valeurs sociales interpersonnelles (la végétation),

et les valeurs sociologiques suscitant le développement personnel

dont chaque homme a besoin (l’eau douce).

 

 

Quelle est la différence ?

La première trompette concerne l’aspect collectif,

et c’est pourquoi les hommes ne sont pas encore mentionnés

comme étant directement victimes du fléau,

tandis que la troisième trompette, mentionnant la mort du tiers des hommes,

s’attache aux hommes considérés cette fois individuellement6.

La première trompette est un fléau spirituel qui frappe collectivement les hommes de la terre ; la troisième trompette, elle, est un fléau spirituel qui les frappe individuellement.

Ces valeurs morales ou spirituelles étaient mises en crise dans le cycle des sceaux ;

mais, à présent, elles sont détruites ou empoi­sonnées

dans la proportion fondamentale du tiers !

Avec la première trom­pette, c’est donc le fléau spirituel collectif

qui vient frapper les habitants de la terre.

 

Contempler

 

Lire

« Et le deuxième ange sonna de la trompette, et quelque chose comme une grande montagne brûlée par le feu fut jeté dans la mer. Et le tiers de la mer devint du sang, et le tiers des créatures qui étaient dans la mer et qui avaient vie mourut, et le tiers des bateaux fut détruit » (Ap 8, 8-9).

 

Prier

 

Méditer

La mer est le lieu et l’objet du second châtiment :

une immense quan­tité de feu est jetée dans la mer.

Littéralement, le texte dit : « Et il y eut comme une grande montagne de feu embrasée qui fut jetée dans la mer. »

Le pléonasme souligne l’inimaginable incandescence de cette masse de feu.

Il ne s’agit pas d’un astre, comme pour la troisième trompette ;

Jean nous parle ici d’une masse embrasée qu’il compare à une montagne.

Cette « énorme montagne de feu » est proportionnée à l’immensité de la mer.

C’est comme si se produisait la chute d’un empire gigantesque

(dans l’Ancien Testament, les montagnes désignent les royaumes, comme en Ez 35, 3),

avec toutes les conséquences de cet écroulement sur le reste du monde qui dépend de lui.

L’origine de cette montagne de feu tombant dans la mer n’est pas pré­cisée,

mais les conséquences, en revanche, le sont : « Le tiers de la mer devint du sang ».

En tant qu’élément symbolique, la mer désigne, comme nous l’avons vu,

le monde qui ne connaît pas Dieu,

c’est-à-dire les socié­tés fondées sur des sociologies païennes,

et donc sans référence aux valeurs juives et chrétiennes.

Dans la vision de Jean, ces sociétés consti­tuent une part importante du monde,

recouvrant une multitude de peu­ples et de nations.

 

Saint Augustin a bien en vue un monde « sans Dieu »

quand il commente le symbolisme de la mer :

« La mer est ici la figure de ce monde, amer à cause des eaux salées,

troublé par les tempêtes, et où les hommes,

guidés par leurs convoitises coupables et dépravées,

sont devenus des poissons se dévorant les uns les autres.

Voyez cette mer dangereuse, cette onde amère, aux flots meurtriers ;

voyez de quels hommes elle est remplie. »

Le jugement d’Augustin est sévère au plan moral,

mais il a le mérite de bien mettre en relief

l’éloignement culturel et religieux de la « mer » par rapport à Dieu.

La Bible nous dresse un tableau impressionnant de la mer.

Les marins, « ceux qui vivent de la mer » (Ap 18, 17),

de même que les habitants des îles,

sont considérés dans l’Écriture comme les « habitants de la mer » (Is 42, 10).

Ce sont des royaumes (Is 23, 11), des armées barbares (Jr 6, 22-23; 50, 42);

la mer est un lieu de grandes richesses (Is 60, 5),

elle est aussi le règne de l’hésitation (Jc 1, 6)

et des valeurs morales infécondes de l’eau « amère » (Jc 3, 12).

Les méchants dans leur colère sont comparés à la mer7 qui ne connaît pas la paix (Jr 49, 23) ; elle menace la terre (Lc 21, 25) ;

et les habitants du bord de mer ou « ligue de la mer »,

unis contre Israël, en sont la préfiguration (So 2, 5-6).

La mer est la demeure de Léviathan, le dragon marin (Is 27, 1)

qui sym­bolise le monde démoniaque :

sous le roulement continuellement chao­tique des flots,

la mer dans ses profondeurs ténébreuses abrite les puissances rebelles à Dieu.

Enfin, personne, sinon Dieu, ne peut tracer un chemin dans la mer pour la dompter (Is 42, 16 ; 51, 10).

La mer repré­sente des sociétés vouées au culte de l’homme,

à la déification intégrale de l’humanité,

comme le manifestent les panthéons des divinités païennes

qui ne sont que les reflets des forces de la nature et des comportements humains.

À l’image des eaux de la mer, les valeurs de ces sociétés sont mouvantes,

fluctuant au gré des intérêts du moment et des modes.

N’étant pas finalisée par des idéaux permettant de dépasser l’homme,

la mer se présente comme une immensité sans repères

ni chemins aptes à faire découvrir la voie d’une transcendance.

Les conflits y sont perpétuels, comme dans toutes les sociétés

où l’égoïsme est devenu la norme défi­nitive de la morale sociale.

La mer est un monde prisonnier de lui-même, et l’immanence8 est sa prison !

C’est dans ce milieu sociologique que tombe l’énorme masse de feu : « Et le tiers de la mer devint du sang, et le tiers des créatures qui étaient dans la mer et qui avaient vie mourut, et le tiers des bateaux fut détruit. »

Jean ne relate pas la modalité du fléau :

ce fléau ne peut cependant pas être un empoisonnement des eaux,

puisque les navires eux-mêmes sont détruits.

Il s’agit plutôt d’une irruption de violence, comme lors du second sceau,

mais cette fois conduisant à la mort du tiers des « habi­tants de la mer ».

 

Contempler

 

Lire

« Et le troisième ange sonna de la trompette, et il tomba du Ciel une grande étoile qui brûlait comme une torche. Et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Et le nom de l’étoile se dit : « Absinthe ». Et le tiers des eaux tourna en absinthe, et beaucoup d’hommes moururent de ces eaux, parce qu’elles étaient devenues amères » (Ap 8, 10-11).

 

Prier

 

Méditer

La troisième trompette nous ramène sur la terre.

Comme pour la mer, c’est une masse de feu qui s’abat sur elle.

Mais, cette fois, la vision de Jean est plus précise quant à la nature de ce feu : « Il tomba du Ciel une grande étoile qui brûlait comme une torche ».

Dans l’Apocalypse les astres symbolisent les anges ou les esprits célestes en général.

On songe à la chute du Dragon devant Michel, que nous verrons plus loin (Ap 12, 7-9).

Mais il y a certainement ici une relation plus précise

avec l’astre chu du Ciel de la cinquième trompette, qui ouvre le puits de l’Abîme (Ap 9, 1). L’astre de la troisième trompette est embrasé « comme une torche ».

Lit­téralement, le terme traduit ici par « torche » signifie « lampe »,

c’est-à-dire un objet fait pour éclairer.

Le symbole est donc d’ordre intellectuel :

cet astre se présente en apparence comme une sagesse venue d’en haut.

Mais ses apparences de clarté sont trompeuses,

car il n’est pas une véritable « lampe » pour éclairer ;

il est bien plutôt un feu pour enténébrer !

 

Cet astre embrasé agit comme une sorte d’idéologie immanentiste

influen­çant de façon soudaine les conceptions philosophiques et religieuses

des habitants de la terre : « Et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Et le nom de l’étoile se dit : « Absinthe ». Et le tiers des eaux tourna en absinthe, et beaucoup d’hommes moururent de ces eaux, parce qu’elles étaient devenues amères. »

Les fleuves et les sources sont le lieu de cette troisième calamité.

L’eau douce symbolise « ce qui abreuve » l’esprit de l’homme,

c’est-à-dire sa capacité à rechercher la vérité dans tous ses aspects (naturels et surnaturels).

 

Elle signifie encore les valeurs culturelles d’une société

capable de féconder l’intelligence des hommes qui la composent.

L’eau douce évoque donc l’effort de l’intel­lect humain

qui cherche à s’élever toujours davantage vers la vérité ultime des êtres et des choses.

Les sources représentent les traditions philoso­phiques et religieuses,

ces noyaux à partir desquels se tissent les cultures des nations,

comme nous le précise l’entretien de Jésus avec la Samari­taine auprès du puits de Jacob.

Les fleuves, quant à eux, désignent le déploiement fécond des valeurs

qui irriguent les sociologies de la terre,

permettant aux hommes d’acquérir par l’éducation

une profondeur de vue et une plus grande liberté.

C’est pourquoi dans l’Ancien Testament les nations sont fréquemment désignées

par le nom du fleuve principal qui traverse le pays :

l’Egypte désignée par le Nil,

Babylone par l’Euphrate, la Syrie par le Parpar

et Israël par le Jourdain.

Comme si, pour évoquer Perpignan, on disait « la têt » !

Certes, ces fleuves ne sont pas identiques

et les valeurs dont ils sont porteurs ne produisent pas des résultats

dans les mêmes proportions.

Cependant, dans la vision de Jean, c’est d’un point de vue général qu’ils sont considérés,

et non dans leurs particularités nationales.

Jean regarde les « eaux douces » comme le patrimoine de sagesse des nations,

reflétant l’apport de chacune d’elles, et les rattachant toutes à la vérité.

L’homme, en effet, a été créé par Dieu pour rechercher la vérité !

Ces valeurs sont profondément mises en crise à la sonnerie de la troisième trompette, limitant grandement désormais la possibilité de trouver la vérité

par le biais de la culture ambiante.

Les valeurs de la société deviennent pour une large part des « poisons »

qui plongent les esprits des hommes dans l’erreur et le men­songe,

et ensevelissent leur cœur dans l’errance des désirs sans lendemains.

Ces valeurs « amères » se manifestent aussi par des jugements négatifs

envers les choix religieux ou philosophiques orientés vers la transcendance.

L’astre s’abattant sur les sources et les fleuves se nomme « Absinthe ».

Il s’agit d’une plante amère et toxique.

Dans la Bible, elle est le sym­bole de l’injustice (Am 5, 7) et du mensonge,

ce que Jérémie proclame avec force en interpellant les prophètes trompeurs de Jérusalem :

« Voici que je vais leur faire manger de l’absinthe et leur faire boire de l’eau empoi­sonnée, car, venant des prophètes de Jérusalem, l’impiété a gagné tout le pays » (Jr 23, 15).

Jérémie dénonce les fausses doctrines religieuses diffusées par les faux prophètes,

ceux qui parlent en leur propre nom, au lieu d’être les interprètes de Dieu ;

il récuse aussi leurs oracles de bénédiction

pour les comportements condamnables des hommes injustes.

« Absinthe » est le nom propre de l’astre maléfique

et la définition de sa nature et de son action.

Cela évoque une vision du monde aux contours bien défi­nis : une « idéologie ».

Cet astre n’est pas anonyme.

Il a un visage, une identité et un nom.

Mais son nom est impersonnel, révélant seulement son action : « Le tiers des eaux se changea en absinthe, et bien des gens moururent, de ces eaux devenues amères ».

Beaucoup d’hommes perdent de vue le noble idéal de la recherche de la vérité ;

et le perdant, ils perdent l’espérance de trouver le Dieu du bonheur véritable.

Le nombre des victimes de l’empoisonnement des valeurs culturelles est indéfini ;

on sait seulement qu’il est élevé.

Le fléau de la troisième trompette n’est pas ultime ; il ne fait que s’ajouter aux autres.

 

Contempler

 

Lire

« Et le quatrième ange sonna de la trompette, et le tiers du soleil fut frappé, et le tiers de la lune, et le tiers des étoiles, pour qu’ils s’obs­curcissent d’un tiers et que le jour ne brillât plus d’un tiers, et la nuit pareillement » (Ap 8, 12).

 

Prier

 

Méditer

Avec les « astres » nous arrivons, selon la conception de Jean,

au qua­trième élément composant et animant spirituellement le monde : la lumière.

Cette lumière, à travers les astres qui sont frappés « au tiers » de leur rayonnement,

diminue de façon alarmante.

La lumière symbolise les vérités religieuses qui sont l’objet propre de la Révélation divine, contrairement à l’« eau douce »

qui, elle, symbolise l’effort de la réflexion humaine pour s’élever vers Dieu.

La lumière, en effet, vient du Ciel et rehausse les capacités naturelles de l’homme

pour lui permettre de mieux comprendre et de plus aimer Dieu.

La lumière illumine et « révèle » !

Lors du sixième sceau, Jean a vu un ébranlement général de la création,

qui incluait l’obscurcissement des astres (Ap 6, 12) ;

il ne s’agissait pourtant là que d’un avertissement préliminaire.

Le soleil est dans la Bible un symbole du Christ,

et c’est pourquoi il est aussi le sym­bole de la Révélation,

dont le contenu recouvre par définition la réalité spirituelle

que l’homme ne peut pas découvrir par lui-même.

La lune exprime un symbolisme différent.

Elle désigne le monde du changement,

c’est-à-dire la connaissance humaine qui procède selon la loi du devenir.

Les deux instances de connaissance, l’intelligence et le cœur,

sont éclai­rées par le soleil (la lumière surnaturelle).

La lune se réfère donc à une connaissance « par reflet ».

Il s’agit de la connaissance humaine appli­quée à méditer la révélation divine :

la nature de Dieu et celle de l’homme.

Les étoiles quant à elles désignent en général le monde de l’éternité,

et en particulier les anges, ces « purs esprits »

qui contemplent directement (sans le déploiement du raisonnement) Dieu et ses œuvres.

Or, les anges, en tant que « messagers » de Dieu auprès des hommes,

sont aussi pour eux des sources de lumière ou d’illumination.

Ajoutons que les étoiles peuvent aussi symboliser les saints et leur enseignement.

Le symbolisme des astres permet de comprendre le fléau de la quatrième trompette,

qui atténue substantiellement (le « tiers ») la connaissance religieuse des hommes.

Plus généralement, on peut dire qu’à la suite de la quatrième trompette,

le monde devient réellement incapable d’accéder à la vérité sur Dieu (le soleil),

sur la vocation de l’homme en ce monde du deve­nir (la lune),

et sur la vérité ultime de la condition humaine (les étoiles, symboles de l’éternité).

Seules les démarches individuelles résolues per­mettent dorénavant

de dépasser les limites imparties par la malédiction des astres.

La plaie des ténèbres qu’annonçait le sixième sceau

est à pré­sent pleinement lancée sur le monde.

 

L’assombrissement des astres a des conséquences palpables : « Ils s’as­sombrirent d’un tiers, et le jour perdit le tiers de sa clarté, et la nuit de même ».

Pourquoi Jean insiste-t-il de la sorte sur les effets évidents de l’obscurcissement du soleil,

de la lune et des étoiles ?

Pour souligner les conséquences dramatiques de la quatrième trompette.

L’obscurcissement du soleil fait que l’idée même de Dieu

devient problématique pour les hommes ;

la lune obombrée rend la réflexion théologique tâtonnante dans ses recherches,

et la fait paraître aux hommes totalement incompréhen­sible dans sa finalité ; l’obscurcissement des étoiles affadit extérieurement le témoignage des saints,

dont on ne comprend plus ni la noblesse ni la beauté de leur vie consacrée.

Au niveau « profane » des sociétés humaines,

on peut traduire le sym­bolisme johannique de la façon suivante :

le « jour », à l’instar d’une « révé­lation »,

symbolise les grandes vérités et les idéaux célébrés par la société ;

tandis que la « nuit » (c’est-à-dire la période nocturne éclairée par les astres),

à l’instar de l’intelligence évoluant dans le devenir,

renvoie aux recherches culturelles

qui scrutent et approfondissent de manière critique les grandes vérités

qui fondent le consensus social (le « jour »).

Dans ce cadre, les étoiles sont le symbole des élites politiques et culturelles.

Lorsque les idéaux d’une société ne s’inspirent plus des vérités divines,

alors ils perdent vraiment beaucoup de leur clarté !

 

Contempler

 

Lire

« Et je vis, et j’entendis un aigle volant au zénith dire d’une voix forte : « Malheur ! Malheur ! Malheur à ceux qui habitent sur la terre, à cause des autres voix de la trompette des trois anges, qui vont en sonner » » (Ap 8, 13).

 

Prier

 

Méditer

À travers l’obscurcissement des valeurs religieuses,

c’est l’espérance même des hommes qui est atteinte.

Saint Jean ne développe pas les conséquences terrifiantes de la plaie des ténèbres

qui s’abattent sur le monde lors de la quatrième trompette.

Le motif en est simple : c’est la cinquième trompette (Ap 9, 1-12)

qui constituera ce développement ;

et les avertissements de l’aigle ont pour fonction d’en prévenir le lecteur.

 

Le symbolisme de cet aigle n’est pas facile à détermi­ner.

On a en Ap 14, 6 la mention d’un ange volant lui aussi « au zénith »

pour apporter aux hommes une bonne nouvelle cette fois.

On trouve un autre ange en Ap 19, 17,

qui invite « tous les oiseaux volant au zénith » à se rendre au lieu du combat final

opposant l’armée du Christ et celle commandée par la Bête de la mer.

Le « zénith » exprime l’idée d’un point de vue spirituel (la verticalité)

anticipant les événements que les hommes, sur terre, ne peuvent pas imaginer.

Le symbole du zénith est en harmo­nie avec celui de l’aigle,

oiseau volant en altitude et fixant le soleil, vivante image des contemplatifs.

Néanmoins, dans la Bible, l’aigle est assi­milé au vautour (Mt 24, 28),

oiseau charognard, ajoutant aux avertissements de l’aigle de la quatrième trompette

une tonalité de triste augure.

Je ne crois pas que l’aigle ait ici une portée uniquement littéraire.

C’est pour­quoi je pense que l’aigle pourrait figurer un prophète,

comme Jean lui-même,

qui serait suscité au temps de la quatrième trompette

pour alerter les hommes sur la suite du processus spirituel engagé par Dieu.

L’avertissement de l’aigle marque une pause dans le récit des trom­pettes.

C’est comme si le lecteur était invité à faire le point sur les quatre premières.

Elles préparent, en effet, l’ouverture du puits de l’Abîme par la cinquième trompette,

qui, sans elles, n’aurait pu être ouvert.

Les quatre premiers fléaux des trompettes se rapportent au thème de la vie :

la vie biologique est frappée sur la terre et dans la mer.

Mais la vie biologique est un symbole renvoyant au monde spirituel,

c’est-à-dire à la vie de l’âme.

Les deux premières trompettes nous montrent les hommes

collec­tivement frappés par des fléaux détruisant substantiellement les valeurs

qui structurent les civilisations juives, chrétiennes et païennes :

la terre et sa végétation, la mer avec ses poissons et ses navires.

Les deux autres trompettes nous montrent les hommes frappés individuellement

à travers les valeurs fondamentales

qui permettent aux personnalités humaines de se construire :

les eaux douces des sources et des fleuves, la lumière des astres.

Ainsi, les quatre premières trompettes représentent la première étape

de la crise spirituelle sans précédent qui s’abat sur l’humanité.

Mais, comme dit l’aigle : le pire est encore à venir !

 

Contempler

 

1 Saint Augustin, opposant la Cité de Dieu et la Cité terrestre, écrit : « Les deux cités, en effet, sont mêlées et confondues ensemble pendant cette vie terrestre, jusqu’à ce qu’elles se séparent au dernier jugement » (Cité de Dieu, 1-35).

 

2 Dans l’Ancien Testament, on lapide ceux qui sont jugés porteurs d’une grande impu­reté spirituelle, ceux qui ont commis un grand péché. C’est le cas des blasphémateurs (Lv 24,14), de ceux qui s’adonnent aux pratiques magiques (Lv 20,27) ou encore à l’adul­tère (Lv 20,10).

 

3 Le Dragon suscite la Bête de la mer et celle de la terre (Ap 13). À la fin de la sixième coupe, ces trois entités du mal se transforment en « trois esprits impurs, comme des gre­nouilles » (Ap 16,13). Il s’agit de l’antithèse diabolique de la Trinité.

4 C’est-à-dire traditionnellement les quatre éléments discernés par les philosophes grecs pour rendre compte de la constitution de la matière : la terre, l’eau, le feu et l’air. Mais, pour l’auteur de l’Apocalypse, les quatre éléments constituant le monde, et qui apparaissent dans le cycle des trompettes, sont : la terre, la mer, les fleuves et les sources, et enfin la lumière.

 

5 Les valeurs morales du christianisme peuvent être comprises et vécues de manière pro­fane, c’est-à-dire sans être rapportées à Dieu. Ce sont les préceptes fondateurs de toute société « juste » : ne pas tuer, ne pas voler, travailler au bien commun et non pas seu­lement à son bien propre, respecter les liens de la famille, honorer la vérité et pratiquer la justice, avoir de la compassion pour les plus affligés, promouvoir la liberté, etc. Bien sûr, le degré de réussite en ces matières variera toujours en fonction de la liberté humaine

 

6 Parmi les quatre premières trompettes, la troisième est la seule à faire mention de la mort d’un tiers des hommes. Celle-ci est implicite dans les autres, comme dans la seconde par exemple, où le « tiers des navires est détruit » (Ap 8,9) : comment les matelots, en effet, pourraient-ils échapper à cette destruction ?

7 « Mais les méchants sont comme la mer agitée qui ne peut se calmer, dont les eaux soulèvent la boue et la fange. Point de paix, dit le Seigneur Dieu, pour les méchants » (Is 57, 20).

8 On parle d’immanence lorsque le monde ou l’homme est considéré comme ayant en soi-même sa propre finalité. L’immanence est le refus de la transcendance divine. Cette conception est celle de tous les athéismes.

 

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