Dans Parole de Dieu

Apocalypse : fin du monde ou révélation du combat spirituel ? Illustré avec les miniatures du Beatus de la Seu d’Urgell (Xèsiècle). HUITIEME PARTIE

 

Ce cycle de 7 figures chevauche le septénaire des trompettes et celui des coupes. Il a pour fonction de détailler l’état du monde durant la période qui suit le jugement de Dieu et précède immédiatement le temps de l’exécution de la sentence divine.

 

Première grande figure : les 2 témoins

« Et je donnerai à mes deux témoins de prophétiser, revêtus de sacs, pendant 1 260 jours. Ce sont les deux oliviers et les deux lam­padaires dressés devant le Seigneur de la terre. Et si quelqu’un veut leur nuire, un feu sort de leur bouche et dévore leurs ennemis ; et si quelqu’un voulait leur nuire, c’est ainsi qu’il faut qu’il soit tué. Ceux-là ont le pouvoir de fermer le ciel, pour qu’il ne tombe pas de pluie durant les jours de leur prophétie ; et ils ont pouvoir sur les eaux pour les changer en sang et (pouvoir) de frapper la terre de toute plaie, autant de fois qu’ils le voudront. Et lorsqu’ils auront achevé leur témoignage, la Bête qui monte de l’Abîme leur fera la guerre, les vain­cra et les tuera. Et leur cadavre est sur la place de la grande Cité qui est appelée, allégoriquement, Sodome et Egypte, là même où leur Sei­gneur a été crucifié. Et des hommes d’entre les peuples, et tribus, et langues et nations regardent leurs cadavres, et ils ne les laissent pas mettre dans une tombe. Et ceux qui habitent sur la terre se réjouissent à cause d’eux et exultent, et ils s’enverront des présents les uns aux autres, car ces deux prophètes ont torturé ceux qui habitent sur la terre. Et, après ces trois jours et demi, un souffle de vie venant de Dieu entra en eux, et ils se tinrent sur leurs pieds ; et une grande peur tomba sur ceux qui les contemplaient. Et ils entendirent, venant du Ciel, une voix forte qui leur disait : « Montez ici ». Et ils montèrent au Ciel dans la nuée ; et leurs ennemis les contemplèrent. Et à cette heure-là, il y eut une grande secousse, et le dixième de la ville tomba, et dans la secousse furent tuées 7 000 personnes. Et les autres furent saisis de peur, et ils rendirent gloire au Dieu du Ciel. Le second « Malheur » s’en est allé ; voici que le troisième « Malheur » vient bientôt » (Ap 11, 3-14).

 

Méditer

L’épisode des deux Témoins est la première de ces narrations,

que l’on peut regrouper autour de sept « grandes figures » :

les deux Témoins (Ap 11), la Femme (Ap 12,1),

le Dragon (Ap 12,3), la Bête de la mer (Ap 13,1),

la Bête de la terre (Ap 13,11), l’Agneau accompagné des élus (Ap 14,1),

et enfin, juste après la septième coupe, Babylone (Ap 17).

C’est à l’intérieur de ce cycle des « grandes figures »

qu’est utilisé le symbolisme de la durée.

La durée de l’occupation de la Ville sainte (42 mois)

correspond au temps de la prédication des deux Témoins (1 260 jours).

Cette durée est d’ordre purement symbolique

et Jean l’utilise avec une nette prédilection.

De prime abord, ce symbole est très mystérieux.

Il apparaît au cours des narrations qui ont pour but de préciser,

en le développant, le sens des septénaires des trompettes et des coupes.

Il se fonde sur une durée unique, mais qui est déclinée en plusieurs unités de temps.

On peut le résumer de la sorte : 1 260 jours = 42 mois = 3 ans et demi = 3 temps et demi (la moitié de sept, le chiffre de l’accomplissement et de la plénitude).

On trouve chez le prophète Daniel l’expression « un temps, des temps et un demi temps » pour désigner la durée de l’exil à Babylone (Dn 12, 7) :

il s’agirait dans ce cas du temps symbolique de l’épreuve.

 

Le symbolisme des « 1 260 jours » est néanmoins particulier à Jean,

qui l’utilise de façon très originale pour mettre en relation

les divers épi­sodes des « grandes figures ».

Ce symbole temporel n’a pas en soi un sens qu’il faudrait découvrir,

comme le chiffre sept ou le nombre douze ;

il ne faut pas en rechercher la définition.

Le symbole des « 1 260 jours » est ce que je qualifierais d’instrument de mesure codé (règle) propre à l’Apocalypse et qui n’a de fonction qu’à l’intérieur de ce texte.

Cette règle graduée et codée permet au lecteur

de mettre en relation des figures et des événements

qui, sans elle, ne pourraient pas être reliés.

Matérielle­ment, imaginons une règle d’une longueur définie de 3 temps et demi ;

posée à partir d’un point représentant une des grandes figures,

elle permet de se relier exactement à une autre grande figure,

située à une distance correspondant précisément à la longueur de la règle : 3 temps et demi.

Si mon point de départ est la prédication des deux Témoins,

je vais compter, à partir des deux Témoins, trois figures et demie,

ce qui m’amène à l’épisode de la Bête surgie de la mer (Ap 13,1).

Traduisons : la prédica­tion des deux Témoins durera jusqu’au temps de la première Bête !

La mention « demi » signifie qu’une action n’est pas achevée.

L’action de la Bête de la mer est donc seulement en cours.

La prédication des deux Témoins s’achève au « milieu » (au cours)

de celle de la Bête de la mer.

 

Le symbole des « 1 260 jours » permet ainsi à Jean

de mettre en relation des événements symboliques

qui, sinon, demeureraient sans rapport les uns avec les autres.

Dans le cycle des « grandes figures », le symbole des « 1 260 jours » est important :

il met des éléments très différents en relation les uns avec les autres ;

et il nous fait comprendre aussi le sens de ce délai apparem­ment mystérieux de 1 260 jours. Ainsi, l’épisode de la Femme au désert (Ap 12,14),

« un temps et des (« des » = « deux ») temps et la moitié d’un temps » (3 temps et demi), nous amène à celui de la manifestation de l’Agneau (Ap 14) :

la Femme demeure cachée au désert jusqu’à l’apogée du culte démoniaque sur la terre,

au moment où paraît l’Agneau pour la sauver1.

 

Jean nous apprend que le parvis du Temple est abandonné aux païens pour 42 mois (Ap 11,2), tandis que parallèlement et simulta­nément se déroule

la prédication de 1 260 jours des deux Témoins ;

ces deux épisodes nous conduisent donc ensemble à la Bête de la mer (Ap 13,1).

Les 42 mois de blasphèmes de la Bête de la mer (Ap 13,5)

nous mènent à la vision de l’apogée de Babylone (Ap 17).

 

Par ailleurs, il paraît intéressant de souligner deux éléments :

l’expression « 42 mois » apparaît toujours dans un contexte négatif

(les païens et la Bête de la mer),

tandis que la mention « 1 260 jours », elle, intervient toujours dans un contexte positif

(les deux Témoins et la Femme) ;

l’expression paral­lèle « 3 jours et demi », quant à elle,

est utilisée pour mesurer le temps

pendant lequel les cadavres des deux Témoins sont exposés sur la place de la « grande Cité » ; si l’on applique cette mesure à partir de la pre­mière Bête (qui les a vaincus),

on arrive selon notre principe à l’épisode de la chute de Babylone :

de la sorte, la résurrection des deux Témoins est un signe

qui anticipe la victoire de Dieu sur l’œuvre du Dragon dans le monde (Babylone).

 

Dans le Nouveau Testament, le mot « témoin » outre son sens juridique classique,

désigne les apôtres de l’Évangile, ainsi que les « martyrs »,

dont le nom vient du même mot grec.

Le propre des martyrs est de « témoigner » de leur foi au Christ (Lc 21, 13),

de même que celui des apôtres est de « rendre témoignage » de l’Évangile (Mt 24, 14 ; Jn 1, 7). Jésus applique souvent à Lui-même ce qualificatif de témoin dans le quatrième évangile, affirmant « rendre témoignage à la vérité » (Jn 18, 37) ;

dans l’Apocalypse, il est présenté comme le « témoin fidèle et véridique » (Ap 3, 14).

« Témoin » est donc un terme technique relevant du lexique religieux.

 

Les deux Témoins du Christ vont prophétiser « pendant 1 260 jours, revêtus de sacs ».

Leur prédication est directement mise en relation

avec la mesure du Temple et des adorateurs, faite par Jean (Ap 11, 1),

et, par là même, avec le petit livre que l’ange lui demande de manger (Ap 10, 9).

Les deux épisodes sont liés.

La prédication des deux Témoins est identique à celle

qui est demandée à Jean lui-même (Ap 10, 11).

Jean a pour mission de prêcher aux nations

et il accomplira sa mission en rédi­geant l’Apocalypse.

Les deux Témoins, quant à eux, auront pour mission d’annoncer aux nations,

à la fin des temps, le contenu du texte de Jean.

L’action de « mesurer » signifie évaluer, compter, délimiter ;

en consé­quence, « mesurer » c’est comme « marquer d’un sceau » ce qui appar­tient à Dieu.

Et la prédication des deux Témoins consiste précisément à faire cette mesure du Temple,

de l’autel et des adorateurs, afin de les distinguer des « païens ».

 

 

 

 

L’expression « revêtus de sacs » (Ap 11,3)

se réfère aux pratiques pénitentielles de l’Ancien Testament2.

L’image exprime l’idée d’une indispensable conversion

à des hommes qui auront bien du mal à l’entendre !

La prédication et le martyre des deux Témoins ne seront heureusement pas sans fruit.

À l’issue du tremblement de terre qui fait suite à leur ascension au Ciel,

et frappe le dixième de la ville, les survivants se convertiront.

 

Le symbolisme des « deux oliviers » se trouve déjà chez le prophète Zacharie,

où les deux oliviers sont situés à droite et à gauche d’un can­délabre à sept branches ;

les deux oliviers sont les « deux Oints qui se tiennent devant le Seigneur de toute la terre » (Za 4, 14). Les oracles de Zacharie désignaient une restauration d’Israël,

après le retour de l’exil à Babylone, fondée sur deux figures messianiques :

Josué (le grand prêtre) et Zorobabel (le gouverneur).

Ces deux figures incarnent l’union des deux pouvoirs (religieux et politique)

qui fut à l’origine de la reconstruction du Temple de Jérusalem (Ag 1,12-14).

Appliqué au texte de l’Apocalypse, ce symbolisme des deux Oints signifie

que la prédication des deux Témoins vise à la fois la restauration du culte de Dieu, couvrant le domaine théologique (réforme religieuse)

et la pratique concrète de la foi (réforme de la morale sociale).

La figure des deux Témoins exprime les deux dimensions fondamentales et constantes

du magistère chrétien, incarnées par les figures des apôtres Pierre et Jean :

le primat institutionnel (Pierre) et le primat de l’amour (Jean).

Certes, le magistère de l’Église se fonde sur la consé­cration visible des personnes

exerçant l’autorité au nom du Christ,

mais il exige aussi, pour rayonner avec force,

d’être vécu dans un état réel d’amitié avec Dieu.

Finalement, les deux Témoins expriment l’union de la Vérité et de l’Amour !

 

La prédication des deux Témoins est présentée par Jean de manière très vive : « Et si quelqu’un veut leur nuire, un feu sort de leur bouche et dévore leurs ennemis. »

Dans l’Apocalypse, nous l’avons déjà vu, le feu est une réalité

qui se trouve massivement du côté de Dieu,

au point que la seconde Bête,

parviendra à faire descendre un feu du ciel sur la terre

pour tenter de s’approprier les honneurs divins (Ap 13, 13).

À la fin de l’Apocalypse, le tout dernier combat est directement conclu par Dieu,

sous la forme d’un feu tombant du Ciel et consumant l’armée du Dragon,

venue attaquer la cité des saints (Ap 20, 9).

 

Le feu qui sort de la bouche des deux Témoins est du même ordre :

c’est un feu « glorieux » qui neutralise toute velléité d’agression.

Cela signifie que cette période de prédication évangélique

ne pourra pas être écourtée par les forces des Ténèbres,

car la parole des deux Témoins est une parole de « feu ».

À ce feu, s’ajoutent deux autres signes précis pour caractériser leur message : « Ceux-là ont le pouvoir de fermer le ciel, pour qu’il ne tombe pas de pluie durant les jours de leur prophétie et ils ont pouvoir sur les eaux pour les changer en sang, et (pouvoir) de frapper la terre de toute plaie, autant de fois qu’ils le voudront. »

Le pouvoir sur l’eau vient compléter celui du feu.

Matériellement, l’absence de pluie entraîne la famine,

comme au temps du prophète Élie qui reçut de Dieu l’ordre de « fermer le ciel ».

La pluie symbolise spirituellement l’influence bénéfique des valeurs évangéliques

dans le champ culturel.

Et cette eau féconde provenant du « ciel » doit être comprise

comme un enseignement donné par l’intermédiaire de l’Église.

L’Église est, en effet, une institution née du Ciel, et non de la terre.

Ainsi, le temps de la prédication des deux Témoins,

qui coïncide avec l’occupation de la Ville sainte,

est un temps où la culture sera fermée aux valeurs spirituelles ;

pour entendre le mes­sage de vérité des deux Témoins,

les hommes n’auront pour guide que leur conscience particulière.

Les deux Témoins ont aussi le pouvoir de « changer les eaux en sang »,

c’est-à-dire de manifester la violence cachée dans les valeurs promues par le monde.

Ces valeurs d’un monde auto­suffisant sont en réalité mortifères au plan spirituel !

La mention du pou­voir des Témoins de « frapper la terre de toute plaie, autant de fois qu’ils le voudront », exprime l’idée, non seulement d’un châtiment,

mais aussi de l’adaptation de leur message

à la variété des auditeurs auxquels ils adressent leur invitation pressante à la conversion.

 

Jean situe la prédication prophétique des deux Témoins dans la « Ville sainte »

qui est, comme le « parvis » du Temple, foulée par les nations.

Ils s’adressent aux nations

et c’est pourquoi la Bête vient fina­lement les affronter.

Si la prédication des Témoins avait été seulement interne à l’Église,

alors la Bête ne serait pas venue se battre contre eux.

Jean poursuit donc sa narration : « Et lorsqu’ils auront achevé leur témoi­gnage, la Bête qui monte de l’Abîme leur fera la guerre, les vaincra et les tuera. »

 

Qui donc est cette Bête surgie de « l’Abîme »?

Est-elle « l’ange de l’Abîme » (Ap 9,11),

le roi des sauterelles maléfiques de la cinquième trompette ?

Ou bien Satan, qui sera lui-même enchaîné pour mille ans dans l’Abîme (Ap 20, 1-3) ?

Saint Jean nous oriente vers une troisième solu­tion : la Bête de la mer (Ap 13).

D’abord, comme nous l’avons vu, à l’in­térieur de la chronologie des « grandes figures »

le symbole des « 1 260 jours » met la prédication des deux Témoins

en relation avec la première Bête.

Ensuite, la mention répétée de la blessure de la Bête au chapitre 13,

nous le verrons bientôt, trouve son origine dans sa confrontation avec les deux Témoins. C’est, en effet, un « combat » qui s’engage entre, d’un côté,

les deux prophètes de Dieu et de l’autre, la Bête ;

ce combat est d’ordre doctrinal et c’est pourquoi il est dit que c’est à la « tête » (l’in­telligence) que la Bête est frappée mortellement (Ap 13, 3).

Le « glaive » qui sert à la blesser (Ap 13, 14) symbolise la Parole de Dieu,

l’épée qui sort de la bouche du Christ (Ap 2, 12.16).

Les deux Témoins sont cependant vaincus par la Bête et ils sont tués,

c’est-à-dire qu’ils ne parviennent pas à convaincre les hommes

de se détourner des valeurs promues par la Bête.

Il en va ainsi de la vocation prophétique, reflet de la spiritualité chrétienne :

être instruit par Dieu est doux comme le miel,

mais mettre en pratique ses enseignements oblige à des efforts

et des renoncements amers « aux entrailles ».

C’est cela l’ap­prentissage de la vérité :

l’illumination de l’esprit a pour corollaire l’ou­verture du cœur !

Jamais l’un ne va sans l’autre.

L’illumination de l’esprit sans l’ouverture du cœur,

c’est la gnose du Dragon et la stérilité est sa marque.

La vérité divine, au contraire, provoque toujours la fécondité du cœur de l’homme.

Et la fécondité fait souffrir : « Je multiplierai ta peine et tes grossesses, c’est dans la peine que tu enfanteras des fils » (Gn 3, 16).

Le sort des deux Témoins est mis explicitement en relation avec la Passion du Christ,

pour souligner leur exemplarité.

L’exposition de leurs cadavres constitue un acharnement médiatique

de grande ampleur durant « trois jours et demi »,

sans qu’on les mette au tombeau (c’est-à-dire sans qu’on les oublie),

car désormais le feu qui sortait de leur bouche pour les protéger a cessé.

Leur prédication, si redoutable parce que dénon­çant l’infécondité spirituelle du monde,

a été remplacée par celle de la Bête surgie de l’Abîme.

Elle promet aux hommes un grand destin s’ils se libèrent du joug divin ;

ils seront alors semblables à elle, qui est si puissante !

L’Abîme fait ainsi entendre par toute la terre la clameur immense de sa révolte : « Des peuples, des races, des langues et des nations. »

 

Le lieu où sont exposés les cadavres des deux Témoins est « la place de la grande Cité qui est appelée, allégoriquement, Sodome et Egypte, là même où leur Seigneur a été crucifié. » Ailleurs, cette « grande Cité » est encore nommée « Babylone » (Ap 17,18).

Le début de l’action se situait dans la « Ville sainte »

et comme les deux Témoins ne sont pas allés dans une autre ville,

il s’agit bien de la même Cité.

Com­ment comprendre un tel entrecroisement symbolique ?

Les prophètes appliquaient déjà à la ville sainte de Jérusalem ce type de dénomina­tion : « Chez les prophètes de Jérusalem j’ai vu des horreurs : ils com­mettent l’adultère, vivent dans le mensonge, ils prêtent la main aux malfaisants, de sorte que nul ne revienne de sa malice. Ils sont tous pour moi comme Sodome, et les habitants de la ville, comme Gomorrhe » (Jr 23,14). Ainsi, Jérusalem, capitale religieuse d’Israël, est assimilée à Babylone,

qui mérite de se voir « spirituellement » comparée à Sodome ou à l’Egypte

(le pays tout entier est pris pour le nom de la capitale).

 

Jean utilise l’expression « spirituellement » pour bien faire comprendre

qu’il parle non pas d’un lieu géographique déterminé,

mais bien d’un état général de foi.

Jean brise ici la logique dualiste de l’Ancien Testament,

qui opposait Jérusalem à l’Egypte,

la liberté à la servitude.

De façon générale dans la Bible,

la ville est la personnification sociale et politique de l’autosuffisance des hommes,

et de leur révolte contre Dieu.

On retrouve sans surprise Babylone au commencement (au livre de la Genèse)

et à la fin (dans l’Apoca­lypse) de la Révélation.

Ici, Jean assimile la « Ville sainte » à la « grande Cité »

pour montrer au lecteur que les apparences peuvent être fort trompeuses

et que le parvis du Temple livré aux nations n’est pas for­cément un lieu saint.

Dans l’Apocalypse, Jérusalem n’est pas le symbole de l’Église ;

c’est le Temple, en tant que lieu de l’adora­tion, qui en est une image tangible.

Or, c’est bien Jérusalem, et non le Temple,

qui est le lieu de la prédication faite aux nations par les deux Témoins.

Jérusalem (« Ville sainte ») symbolise la dimension religieuse

de chaque homme,

tout comme Babylone (« grande Cité ») symbolise sa dimension profane.

Les deux villes, on le comprend alors, n’en sont qu’une !

Chaque homme est forcément porteur de ces deux dimensions qui s’opposent en lui,

comme l’apôtre Paul constate l’affrontement que se livrent en lui-même l’esprit et la chair (Ga 5, 17). Or, si dans l’homme le profane l’emporte sur le sacré,

alors son état spirituel peut bien être comparé à Sodome et à l’Egypte.

Sodome représente le péché contre Dieu,

tandis que l’Egypte représente le péché contre le peuple de Dieu.

Sodome n’était pas seu­lement un lieu d’hédonisme effréné ;

les habitants tentèrent follement d’entraîner de force les deux anges,

venus chercher Lot, dans leurs jeux sexuels (Gn 19, 4-5).

Il s’agit d’un outrage direct fait à Dieu.

L’Egypte, quant à elle, représente le lieu de la servitude du peuple hébreu ;

son péché réside dans son refus de laisser au peuple de Dieu la liberté religieuse. L’opposition débuta lorsque Moïse demanda au pharaon la permission

d’aller servir Dieu « dans le désert » (Ex 7, 16),

c’est-à-dire, au plan symbolique, dans un lieu spirituel vierge des valeurs de l’Egypte.

« Et des hommes d’entre les peuples, et tribus, et langues et nations regar­dent leurs cadavres, et ils ne les laissent pas mettre dans une tombe » :

le refus de la sépulture exprime dans la Bible la malédiction et l’outrage envers les défunts (Jr 8, 1-2 ; Ps 79, 1-2).

L’exposition des cadavres des deux Témoins a cette signification

pour les habitants de la terre, qui se réjouissent de leur mort de manière ostentatoire.

C’est la grande victoire de la Bête surgie de l’Abîme sur la religion chrétienne.

La Bête, en imposant le silence aux deux Témoins,

a calmé les troubles des consciences et les inquiétudes existentielles des hommes.

Babylone va régner sur le monde entier et tous les peuples ne feront plus qu’un

sous la bannière rouge-feu du Dragon !

 

Tel est le sens des « 3 jours et demi » de liesse des habitants de la terre.

Cependant, après ce temps, un évé­nement humainement imprévisible

fait que soudainement la fête tourne au deuil : « Et après ces trois jours et demi, un souffle de vie venant de Dieu entra en eux, et ils se tinrent sur leurs pieds ; et une grande peur tomba sur ceux qui les contemplaient. Et ils entendirent, venant du Ciel, une voix forte qui leur disait : « Montez ici ». Et ils montèrent au Ciel dans la nuée ; et leurs ennemis les contemplèrent. »

La résurrection des deux Témoins est un signe qui, à la manière de celle du Christ,

dépasse tous les calculs des hommes.

L’effroi des hommes rappelle les récits de la Résurrection du Seigneur :

les femmes « saisies d’effroi » à l’apparition de deux anges (Le 24, 4-5) ;

et la terreur des soldats chargés de garder le tom­beau,

à la vue de l’ange roulant la pierre (Mt 28, 2-4).

De plus, la descrip­tion de l’ascension des deux Témoins est similaire à celle du Christ (Ac 1, 9). Les habitants de la terre avaient raison :

les deux prophètes n’avaient pas besoin de sépulture

et la terre ne pouvait constituer leur résidence,

car le Ciel seul est la demeure des « vivants ».

Ce n’est pourtant pas encore fini,

les témoins de la scène étant définis comme des « ennemis ».

La résurrection et l’ascension des deux Témoins ne suffisant pas encore

à convertir les habitants de la terre, Dieu enfonce le clou : « Et à cette heure-là, il y eut une grande secousse, et le dixième de la ville tomba, et dans la secousse furent tuées 7‘000 personnes. Et les autres furent saisis de peur, et ils rendirent gloire au Dieu du Ciel. »

 

Une partie des « habitants de la terre » remet enfin en cause

les valeurs purement immanentes du monde,

et se convertissent au Dieu « du Ciel »,

c’est-à-dire au Dieu de la vie et de la transcendance.

 

Deuxième grande figure : la Femme Ap 12, 1- 6

« Et apparut un grand signe dans le Ciel: une Femme, enveloppée du soleil, et la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. Et elle est enceinte, et elle crie dans les douleurs et les tortures de l’enfantement » (Ap 12, 1-2).

 

Méditer

La Femme représente pour le Dragon une pierre d’achoppement.

Cette Femme est constamment identifiée à la Vierge Marie et à l’Église.

Les textes du magistère ont pleinement intégré cette interprétation.

Ainsi, Jean-Paul II pouvait affirmer : « Le rapport réciproque entre le mystère de l’Église et Marie apparaît dans le « signe grandiose » décrit dans l’Apocalypse »2.

Cette Femme est qualifiée par Jean de « signe grandiose » qui apparaît au Ciel.

Dire que ce signe gran­diose apparaît dans le « Ciel »,

c’est signifier que cette Femme est une création toute spéciale de Dieu

et qu’il ne s’agit pas d’une simple réa­lité terrestre.

Sa vocation comme son être sont totalement ordonnés aux projets divins sur le monde.

La description de la Femme est vraiment glorieuse :

elle est « envelop­pée du soleil, et la lune sous ses pieds,

et sur sa tête une couronne de douze étoiles. »

Si le soleil est un symbole biblique se rapportant de façon univoque à Dieu

et à sa puissance illuminatrice1, la lune est un symbole plus nuancé.

Pris en son sens symbolique le plus général, la lune exprime le monde terrestre

qui est soumis au temps et au changement.

Elle est « revê­tue », c’est-à-dire « habillée » de la lumière divine,

parce que son âme est illuminée des vérités éternelles,

son esprit et son cœur étant parfai­tement finalisés par Dieu ;

mais sa nature humaine, symbolisée par les pieds,

la soumet aussi au changement, figuré par la lune.

Cette Femme, qui a la lune sous ses pieds, semble marcher sur les « eaux » de ce monde.

 

Elle est l’icône de la verticalité de la foi, telle que Dieu la désire de la part des croyants.

La lune symbolise la sensibilité humaine tantôt pleinement éclairée par Dieu,

tantôt totalement éclipsée et gisant dans la nuit, et tantôt partiellement éclairée.

La Femme domine tous ces états d’âme « lunaires »

qui, durant si longtemps au cours de leur vie, viennent trou­bler les croyants.

Elle est la Femme verticale, la Femme forte, la Femme issue du Cœur clé Dieu,

la Femme embrasée de l’amour divin,

celle que préfigurait l’épouse du Cantique des cantiques.

 

Venons-en maintenant à l’identification de la Femme.

Elle est d’abord la Vierge Marie, présentée sous les traits de l’Immaculée Conception,

c’est-à-dire la seule créature humaine préservée du péché originel.

Adam et Eve l’étaient aussi, avant de se laisser séduire par les paroles trompeuses du serpent (Gn 3,1-12). La Femme revêtue du soleil est le prototype

du projet de Dieu pour l’humanité entière :

il s’agit d’un retour à la pureté originelle, et même de son dépassement.

Car l’homme ne fut pas créé dans le péché ; il le fut dans la grâce.

Le conflit entre la Femme et le Dragon (Ap 13,13) se réfère à la prophétie

formulée par Dieu lui-même après la chute de l’homme,

sous la forme de la malédiction du serpent :

« Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance :

elle t’écrasera la tête, et toi tu l’atteindras au talon » (Gn 3,15).

Marie est la « nouvelle Eve » qui réalisa cette prophétie en donnant naissance au Christ,

Et la douleur de la Femme est celle de Marie au pied de la croix

Où elle enfante l’Eglise.

 

La couronne de douze étoiles, quant à elle, est un symbole

qui place la Femme au centre de l’Église fondée sur les douze apôtres.

Les douze étoiles qui couronnent la tête de la femme rappellent

la maternité ecclésiale de Marie envers les apôtres :

au pied de la croix elle est confiée à Jean comme « mère » (Jn 19,26-27) ;

à la Pentecôte, elle se trouve au milieu des apôtres (Ac 1,14).

 

La Femme est ensuite le symbole de l’Église.

La douleur de la Femme est celle de l’Église

qui peine pour l’évangélisation du monde et pour la sanctification de ses membres.

La Femme est l’idéal céleste de l’Église : elle est le fruit de la révélation divine (le soleil), appe­lant les hommes à appliquer leur intelligence et leur cœur

à la contem­plation du mystère divin (la lune)

et à former ensemble dans le monde le « Corps du Christ » (les douze étoiles).

 

La Femme glorieuse contemplée par Jean, bien qu’étant au Ciel,

se trouve néanmoins dans la douleur :

« Et elle est enceinte, et elle crie dans les douleurs et les tortures de l’enfantement. »

C’est le combat spirituel qui est évoqué sous la figure de la Femme dans les douleurs,

car la fécon­dité spirituelle ne peut être obtenue sans passer par la croix.

Jésus l’an­nonce à ses disciples au cours du dernier repas précédant la Passion :

« La femme, quand elle enfante, s’attriste, parce que son heure est venue ;

mais quand elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus de l’affliction,

dans la joie de ce qu’un homme est né au monde » (Jn 16,21).

Cette métaphore inattendue, Jésus l’utilise pour parler de la tristesse

qu’éprou­veront les disciples durant sa Passion, tandis que « le monde se réjouira ». Cependant, à sa résurrection, les disciples seront dans la joie,

une joie décuplée, fruit du combat de la foi : « Votre joie, nul ne vous l’enlèvera ». L’expérience vécue par les disciples au moment de la Passion

est le pro­totype de ce que l’Église doit vivre au long de l’histoire,

et particulière­ment à la fin des temps.

La Femme est le symbole de la fécondité spirituelle,

mais une fécondité qui ne s’acquiert que dans le contexte du combat de la foi.

 

« Et apparut un autre signe dans le Ciel ; et voici un grand Dragon rouge-feu, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept dia­dèmes ; et sa queue traîne le tiers des étoiles du Ciel Et il les jeta sur la terre. Et le Dragon se tint devant la Femme qui allait enfanter, pour dévorer son enfant, lorsqu’elle l’aurait enfanté » (Ap 12, 3-4).

 

Méditer

Le nouveau signe qui apparaît au Ciel n’est pas qualifié de « grand »,

même s’il désigne une réalité fort redoutable : un « grand » Dragon.

Le Dragon, « au Ciel », se trouve déjà dans son état de rébellion

contre la souveraineté divine.

Dans la Bible, la figure symbolique du Dragon relève de la catégorie du « monstre ».

La figure du monstre désigne une réalité vivante qui échappe à toute classification.

Ils existent depuis la nuit des temps et sortent de leurs abîmes

pour semer la terreur et le chaos sur la terre.

Dans l’Apocalypse, « Dragon » devient le nom propre du Démon,

bien que ce nom soit originellement un terme simplement synonyme de « monstre ».

Ce monstre veut mettre à bas toutes les valeurs bénéfiques

qui orientent les habitants de la terre vers l’amour et la vérité.

Le monstre, au plan moral, est une créature qui a perdu ses contours,

sa « forme » originelle.

Dieu n’a pas créé le mal et toutes les créatures sorties de ses mains

sont originellement bonnes.

Le Diable est l’arché­type de la transformation réalisée par le mal :

il s’agit d’une véritable « défiguration ».

Les anges et les hommes devraient rechercher Dieu comme leur source et leur vérité ultime. Mais la liberté des anges et des hommes leur permet aussi de refuser cette perspective.

C’est ce que fit le Démon et c’est ainsi qu’il devint « monstrueux »

et le père de tous les monstres qui se mirent à peupler à sa suite la création de Dieu.

La perte de la finalité véritable (Dieu) tourne, en effet, la créature spirituelle vers elle-même. Les âmes veulent vivre désormais pour elles-mêmes,

et ne plus « servir » Dieu.

De la sorte elles perdent leur forme initiale,

à la manière d’un organisme dont les cellules se multiplieraient

sans contrôle dans tous les sens.

Le Dragon est l’image de la créature devenue à elle-même sa propre fin !

Voilà la source du mal dans le monde !

 

Le Dragon a « sept têtes et dix cornes ».

La « tête » désigne l’intelligence, tandis que la « corne », qui est une arme naturelle,

est le symbole de la puissance.

Ce qui est frappant, et même « monstrueux » au sens strict,

c’est le déséquilibre entre le nombre des têtes et celui des cornes.

La dysharmonie de répartition de la puissance (les cornes)

par rapport à l’intelligence (les têtes) est une caractéristique de la nature démoniaque.

Cela traduit le culte du pouvoir sur les esprits,

qui est la fin poursuivie par le Dragon dans sa guerre contre Dieu et les saints!

Le texte pré­cise encore que « chaque tête (est) surmontée d’un diadème »,

ce qui montre que l’intelligence du Dragon est totalement absorbée

par des rêves de domination.

Le Dragon est donc la figure d’une puissance « monstrueuse »,

c’est-à-dire une puissance qui n’a de fin qu’elle-même,

qui grossit toujours et qui n’a pas d’autre perspective que de tout ramener à elle,

jusqu’à ce que tout soit sous sa domination exclusive.

Tel est le sort réservé à la Femme et à l’Enfant.

 

L’attitude du Dragon est celle d’une hostilité calcu­latrice

face au mystère de la fécondité spirituelle de la Femme.

La Femme, parce qu’elle représente l’Église, porte un projet divin sans pareil :

l’union d’amour de Dieu et des hommes.

Un tel projet, le Dragon le refuse de tout son être

et il voudrait pouvoir engloutir spirituellement l’humanité

à l’instant même où elle naît à la « foi ».

 

« Et elle enfanta un fils, un mâle, qui doit faire paître toutes les nations avec une houlette de fer, et son enfant fut emporté auprès de Dieu et auprès du trône. Et la Femme s’enfuit au désert, où elle a un lieu préparé par Dieu, pour qu’on l’y nourrisse pendant 1 260 jours » (Ap 12, 5-6).

 

Méditer

L’Enfant mâle, « qui doit faire paître toutes les nations avec une houlette (sceptre) de fer », est le Christ. C’est lui qui doit conduire les nations dans la foi.

Le « sceptre de fer » évoque un pouvoir fort que rien ne peut briser.

Cette puissance de la royauté du Christ est soulignée encore

par le fait que l’Enfant est élevé « auprès de Dieu »

La figure de l’Enfant renvoie au mystère de l’incarnation du Verbe,

sans toutefois s’identifier avec lui.

De même, l’action de l’Église, qui consiste à faire naître continuellement le Christ

dans le monde au long de l’histoire, se fonde également sur l’Incarnation.

La naissance de l’Enfant, située dans e Ciel et non sur la terre,

veut signifier le retour glorieux du Christ à a fin des temps (la Parousie).

 

L’élévation de l’Enfant « auprès de Dieu et auprès du trône »

montre que le « Ciel » n’est pas encore la partie la plus haute des demeures éter­nelles ;

la partie la plus haute est le trône de Dieu.

De fait, le Dragon réside encore au Ciel pour l’instant.

Le « Ciel » est le principe des réalités spirituelles et c’est pourquoi, à ce moment de l’action, on y trouve encore le Dragon et ses anges.

L’Apocalypse veut montrer au lecteur que le principe de la rébellion angélique

ne peut se comprendre que par rap­port à Dieu.

L’union d’amour que Dieu veut réaliser avec les hommes,

dépasse en intimité celle qui fut proposée aux anges.

Jésus-Christ ne s’est pas incarné parmi les anges ;

il n’est pas devenu « vrai Dieu et vrai ange »,

non, il est devenu « vrai Dieu et vrai homme ».

Comprenons bien que chacun de ces trois personnages est archétypique :

  • l’Enfant (le Christ) est l’Homme par excellence, le nouvel Adam ;

  • la Femme (Marie, l’Église, l’âme de chaque croyant) est femme par excellence,

la nouvelle Eve, la « mère des vivants » (Gn 3.20).

Tous deux sont saisis dans leur qualité essentielle :

Adam doit dominer la terre (Gn 3,17-19),

comme l’Enfant est destiné à « faire paître toutes les nations avec une boulette de fer » (Ap 12,5); tandis qu’Eve a pour vocation d’engendrer la vie (Gn 3,16),

tout comme la Femme revêtue du soleil.

  • Le Dragon, quant à lui, est « l’antique serpent » (Ap 12.9) ;

il n’est pas l’image d’un renou­vellement ; il est seulement l’image d’une métamorphose :

celle de la ruse (forme du serpent) devenant puissance (forme du Dragon).

L’action commence dans le Ciel et se poursuit sur la terre, plus exac­tement au désert :

« Et la Femme s’enfuit au désert, où elle a un lieu pré­paré par Dieu,

pour qu’on l’y nourrisse pendant 1 260 jours ».

Le désert est le lieu de la prière et de la contemplation, hors de la ville.

Mais aussi un lieu où Dieu manifeste sa présence (préparation, nourriture – cf. la manne –)

Là, le Dragon ne peut pas suivre la Femme.

Elle y est aussi bien cachée que Marie l’était à Nazareth.

Troisième grande figure : Le dragon Ap 12, 3 – 4 ; 7 – 17

 

Quatrième figure : la Bête de la mer (Ap 13,1)

1 L’épisode de la Femme nourrie au désert étant contemporain de la persécution du Dragon (un demi-temps); c’est à partir de la Bête de la mer que la mesure des trois temps suivants doit être effectuée, ce qui nous amène à l’épisode de l’Agneau sur le mont Sion (Ap 14).

2 « Aussi, revêtez-vous de sacs, lamentez-vous et hurlez, car elle ne s’est pas détournée de nous l’ardeur de la colère de Dieu » (Jr 4,8). Les gens de Ninive s’étant convertis à la prédication de Jonas, ils « publièrent un jeûne et se revêtirent de sacs » (Jo 3,5).

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