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Homélie de Saint Hippolyte de Rome, prêtre.

La Pâque que Jésus a désirée pour nous, c’était de pâtir (cf. Luc : 22, 15).

Par la souffrance il nous a délivrés de la souffrance, par la mort il a vaincu la mort, et par la nourriture visible il nous a procuré sa vie immortelle.

Voici le désir salutaire de Jésus, voici son amour tout spirituel : montrer les figures comme des figures et, à leur place, donner à ses disciples son corps sacré : « Prenez, mangez, ceci est mon corps ; prenez, buvez, ceci est mon sang — la nouvelle Alliance — versé pour beaucoup en rémission des péchés » (Mat. 26, 26-28).

S’il ne désire pas tant manger qu’il ne désire souffrir, c’est afin de nous délivrer de la souffrance encourue en mangeant.

Par conséquent, à la place du bois (de l’arbre), il a planté le bois (de la Croix), à la place de la main perverse qui s’était tendue autrefois dans un geste d’impiété, il a cloué sa propre main immaculée dans un geste de piété : il a montré en sa personne toute la vraie vie suspendue (à l’arbre). Toi, Israël, tu n’as pas pu en manger, mais nous autres, avec une connaissance spirituelle indestructible, nous en avons mangé et en en mangeant nous ne mourons pas.

Cet arbre m’est une plante de salut éternel ; de lui je me nourris, de lui je me repais.

Par ses racines, je m’enracine et par ses branches je m’étends, sa rosée me réjouit et son esprit me fertilise comme un vent délicieux.

A son ombre j’ai dressé ma tente, et fuyant les grandes chaleurs j’y trouve un abri plein de rosée.

Ses feuilles sont ma frondaison, ses fruits mes parfaites délices, et je jouis librement de ses fruits, qui m’étaient réservés depuis l’origine.

Dans la faim il est ma nourriture, dans la soif ma source, dans la nudité mon vêtement, car ses feuilles sont l’Esprit de vie : loin de moi désormais les feuilles de figuier.

Quand je redoute Dieu, il est ma protection, et quand je chancelle, mon appui, quand je combats, mon prix, et quand je triomphe, mon trophée.

C’est pour moi le sentier étroit et la route resserrée ; c’est l’échelle de Jacob et le chemin des anges, au sommet duquel le Seigneur est vraiment appuyé.

Cet arbre aux dimensions célestes s’est élevé de la terre aux cieux, se fixant, plante éternelle, au milieu du ciel et de la terre, soutien de toutes choses et appui de l’univers, support de toute la terre habitée et joint du monde, tenant assemblée la diversité de la nature humaine et cloué par les chevilles invisibles de l’Esprit, afin qu’ajusté au divin, il n’en soit plus détaché.

Touchant par son faîte le sommet des cieux, affermissant la terre par ses pieds et étreignant de tous côtés, par ses bras immenses, l’esprit nombreux de l’air entre ciel et terre, il était tout entier en tout et partout.

HOMÉLIE PASCALE DU IVe SIÈCLE

Inspirée d’Hippolyte de Rome.

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