Dans Parole de Dieu


1 – LIRE

1ère méditation de Frère Guigues le Chartreux
pour mieux vivre la Parole de Dieu

Chaque mois, nous méditerons un passage de ces lettres si savoureuses pour mieux : 

  • lire, méditer, prier, contempler la Parole de Dieu…

Les quatre degrés :

Un jour, durant le travail des mains, tandis que je songeais aux exercices de l’homme spirituel, voilà que tout à coup j’aperçus quatre degrés : lecture, méditation, prière, contemplation.

C’est l’échelle des moines, qui les fait monter de la terre au ciel.

Elle a peu d’échelons : elle est très haute cependant, d’incroyable longueur. La base repose sur la terre ; le sommet dépasse les nuées et pénètre les profondeurs des cieux. De ces échelons les nom, nombre, ordre et usage sont distincts. Si avec soin on étudie leurs propriétés, fonctions et hiérarchie, bientôt cette étude attentive paraîtra courte et facile, tant elle recèle d’utilité et de douceur.

  • La lecture est l’étude attentive, faite par un esprit appliqué, des Saintes Écritures.
  • La méditation est l’investigation soigneuse à l’aide de la raison, d’une vérité cachée.
  • La prière est l’élévation du cœur vers Dieu pour éloigner le mal et obtenir le bien.
  • La contemplation est l’élévation en Dieu de l’âme ravie dans le savourement des joies éternelles.

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Ayant défini les quatre échelons, voyons l’office propre à chacun d’eux.

L’ineffable douceur de la vie bienheureuse, la lecture la recherche, la méditation la trouve, la prière la demande, la contemplation la savoure. C’est la parole même du Seigneur. Cherchez et vous trouverez. Frappez et l’on vous ouvrira. Cherchez en lisant, vous trouverez en méditant. Frappez en priant, vous entrerez en contemplant.

J’aimerais dire que la lecture porte la nourriture substantielle à la bouche, la méditation la triture et la mâche, la prière la goûte, et que la contemplation est la douceur même qui réjouit et refait. La lecture s’arrête à l’écorce, la méditation dans la moelle, la prière exprime le désir, mais la contemplation se délecte dans le savourement de la douceur obtenue.

Pour le mieux saisir, voici un exemple entre bien d’autres. Je lis l’Évangile de Saint Matthieu  :    » Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». Courte maxime, mais pleine de sens, douce infiniment. À l’âme altérée elle s’offre comme une grappe de raisin. L’âme la considère et se prend à dire : cette parole me sera bienfaisante. Recueille-toi, mon cœur, tâche de comprendre et surtout de trouver cette pureté. Oh ! que précieuse et désirable elle doit être, puisqu’elle purifie ceux qu’elle habite et qu’elle a la promesse de la vision divine, la vie éternelle, puisque les Saintes Écritures ne cessent de la louer ! 
Alors le désir de mieux comprendre envahit l’âme : et elle saisit la grappe mystique, elle la dépèce, elle l’écrase, elle la met au pressoir, et elle dit à la raison : regarde et cherche ce qu’elle est, dis-moi comment on acquiert cette si précieuse et tant désirable pureté de cœur…

(la suite, le mois prochain)

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