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« Le mois de mai est pour moi le mois des grâces », écrivait Padre Pio. Il nous encourage à aimer la Vierge, et à la faire aimer…

La Vierge mène bien des âmes jusqu’à Dieu. Par son intercession, Dieu dispense ses bienfaits. C’est pourquoi Padre Pio aimait profondément la Vierge. Il n’est pas étonnant que le saint ait beaucoup apprécié le mois de mai, qui est le mois de Marie : « Oh, le joli mois de mai ! C’est le plus beau de l’année », écrit Padre Pio dans l’une de ses lettres. « Oui, mon père, comme ce mois prêche bien les douceurs et la beauté de Marie ! »


L’intercession de Marie
Selon les mots de Padre Pio, Marie est « l’océan que l’on doit traverser pour atteindre Jésus »[1]. La Vierge a en effet la possibilité d’intercéder pour nous auprès de son Fils.
Demander l’intercession de Marie, c’est lui confier nos prières pour les remettre à Dieu, comme pour déposer sur un plateau précieux un présent que nous voudrions offrir. « Telle est la volonté de Celui qui a voulu que nous ayons tout par Marie », écrivait déjà saint Bernard, plusieurs siècles auparavant. « Ad Jesum Per Mariam », déclarait aussi saint Louis-Marie Grignon de Monfort.
Tout comme nous n’avons accès au Père que par le Fils, nous n’avons accès à Jésus que par sa mère. Marie est la voie la plus sûre pour parvenir à Dieu. Comme une échelle qu’il faudrait emprunter pour s’élever: « Dans une échelle, on n’arrive au troisième échelon qu’en mettant d’abord le pied sur le second, et on n’arrive au second qu’en mettant le pied sur le premier ; de même, on n’arrive à Dieu que par Jésus Christ, et on n’arrive à Jésus Christ que par Marie », explique saint Alphonse de Liguori.
D’où ces quelques mots, inscrits au-dessus de la porte de la cellule de Padre Pio: « Marie est la raison de toute mon espérance ».


« Aimez la Madonne… »
De tout son cœur, Padre Pio souhaitait que l’on aime la Vierge. Comment donc aimer Marie ?
– Premièrement, en apprenant à la connaître. Toute majestueuse qu’elle soit, Padre Pio désigne simplement la Vierge comme une « petite maman ». L’attention, la douceur et la tendresse de la Vierge sont éclatantes. Elles ont l’éclat du Ciel, tout imprégné de son amour maternel. Patrick Sbalchiero rappelle que Padre Pio n’est pas un « mariolâtre ». Pour Padre Pio, « Marie n’est ni une déesse ni une vestale ». Elle est la « maman » de Jésus et aussi la nôtre.
Ainsi la Vierge n’éblouit pas d’abord par « l’éclat de sa grandeur suprême », pour reprendre la formule de Sainte Thérèse de Lisieux, mais par ses qualités de mère: « Et je veux maintenant chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t’aime. Et redire à jamais que je suis ton enfant », poursuit le poème de Sainte Thérèse. La Vierge fait tant pour ses enfants qu’en comparaison, même tout l’amour d’un saint tel que Padre Pio ne suffirait pas, selon ses dires, à lui rendre tous ses bienfaits : « En pensant aux innombrables bienfaits que m’a faits cette petite maman, j’ai honte de moi-même, qui n’ai jamais regardé avec assez d’amour son cœur et sa main qui me les offraient avec tant de bonté ». S’approcher de la Vierge induit nécessairement une leçon d’humilité. Pour l’aimer, il faut accepter que sa grandeur souligne aussi nos travers et nos imperfections.

– Deuxièmement, aimer la Vierge, c’est la prendre pour modèle: « Appuie-toi comme la Vierge à la Croix de Jésus », affirme Padre Pio. En imitant Marie, nous sommes plus proches du Christ. Et cette proximité est notamment soulignée en ce qui concerne Jésus crucifié: « Marie, Mère des Douleurs, laisse-moi suivre Jésus et communier intimement à sa Passion et à ton affliction ! ».
Marie souffre avec son Fils et elle souffre également des blessures infligées au corps mystique du Christ, c’est-à-dire à toute son Eglise. Lorsque l’Eglise est malmenée, la Vierge souffre. Prendre Marie pour modèle, c’est aussi accepter de souffrir avec elle, lorsque l’Eglise, corps mystique du Christ, est blessé et bafouée. Aimer Marie, c’est donc souffrir avec elle, ce qui revient à souffrir avec le Christ.


– Troisièmement, aimer la Vierge suppose de l’écouter, d’appliquer ses conseils et de lui obéir. L’une des demandes récurrentes de Marie au fil de ses apparitions concerne la prière et plus précisément le Rosaire. Padre Pio lui-même récitait très souvent le chapelet, et même plusieurs fois par jour. Tant et si bien que certains le surnommaient « Le Rosaire vivant ». « Récitez le Rosaire et récitez-le tout le temps et autant que vous le pouvez », disait-il. « Padre Pio est mort, serrant dans ses mains son chapelet, qu’il portait partout comme ‘une arme’ puissante », note l’abbé Hervé Savournin dans l’une de ses homélies.


« …et faites-la aimer ! »
Padre Pio ne perdait pas une occasion de valoriser, à juste titre, la Vierge Marie. « Quand un visiteur le remerciait d’avori obtenu une grâce à sa prière, il répondait toujours : ‘C’est la Madonne qui t’a guéri ! Je n’y suis pour rien’ ou encore : ‘Ne me mêlez pas à cette affaire [une guérison], braves gens ! Ce n’est pas moi, c’est la Madonne !’ », rapporte Patrick Sbalchiero.
Aussi Padre Pio encourageait-il à faire de même : « Aimez la Madonne et faites-là aimer ! ». Saint Pierre Chanel (1803-1841) ne disait pas autre chose: « Aimer Marie et la faire aimer », telle était la devise de ce missionnaire et martyr. La dévotion de Padre Pio pour la Vierge est en accord parfait avec l’ensemble de l’enseignement de l’Église. C’est dans cet esprit proprement catholique que Padre Pio exhorte à faire connaître et aimer Marie.
Gardons alors en cœur et en pensées ces mots de Saint Padre Pio. Qu’ils nous accompagnent tout au long de ce mois de mai et bien au-delà :


« Tenez-vous toujours plus près de la Mère Céleste
parce qu’Elle est l’Océan à travers lequel on rejoint les rivages des splendeurs éternelles.
Que Marie soit l’étoile qui éclaire votre route
et qu’Elle vous montre le chemin pour aller vers le Père du Ciel.
Que Marie soit l’unique raison de votre existence :
qu’Elle vous guide au port du salut éternel.
Aimez la Madone et faites-la aimer ».


Et pour la fête des mères, ayons une pensée toute particulière pour la Vierge Marie. Sans oublier, bien sûr, de célébrer aussi nos mères ici-bas! Padre Pio lui-même n’aimait-il pas énormément sa mère, Maria Giuseppa? Il a énormément souffert lorsque celle-ci est décédée: « Jamais nous n’aurions pensé le voir souffrir à ce point », a témoigné Francesco Morcaldi. « Le chef-d’œuvre de Dieu, c’est le cœur d’une mère », affirmait, au XVIIIe siècle, le compositeur liégeois André Grétry (1741-1813). À plus forte raison, cette phrase est vraie lorsqu’elle est appliquée la Vierge, mère par excellence, elle que Padre Pio décrivait comme « l’incomparable chef d’œuvre du Créateur ».

[1] « Je souhaiterais avoir une voix assez forte pour dire à tous les pécheurs du monde d’aimer Marie. Elle est l’océan que l’on doit traverser pour atteindre Jésus. »

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