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Introduction pour les Cendres – Mercredi 6 mars 2019

Du Pape François 5 mars 2019 (veille d’entrée en Carême)

La joie, qui est certainement différente de l’euphorie,
est le sentiment d’un cœur qui baigne dans l’amour
– même au cœur des épreuves de la vie –
et c’est un des traits authentiques de la véritable sainteté.
C’est une joie authentique, simple,
qui permet de goûter les opportunités de bien
que la vie nous offre, qui se manifeste, entre autres, dans un bon repas partagé,
dans un regard de compréhension et de soutien
et, pourquoi pas, dans un toast en l’honneur d’un anniversaire ou d’une réussite d’un ami…
Je me réfère à cette joie que l’on vit en communion,
que l’on partage et à laquelle on prend part,
parce qu’ « il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20,35).
L’amour fraternel multiplie notre capacité de joie,
puisqu’il nous rend capables de nous réjouir du bien des autres.
Parfois, en revanche, nous aussi, les chrétiens,
nous montrons que nous ne savons pas encore vraiment nous réjouir des choses de la vie
ou parce que nous courons derrière des plaisirs occasionnels et passagers,
ou vice versa parce que, nous retrouvant victimes d’un certain rigorisme,
nous sommes tentés de ne pas changer,
de laisser les choses telles qu’elles sont, de choisir l’immobilisme,
empêchant ainsi l’action de l’Esprit qui apporte avec lui la nouveauté de la joie.
La joie est donc un fruit du discernement dans l’Esprit-Saint,
qui consiste précisément dans l’art constant de préférer le ‘nous’ au ‘je’
et les personnes aux choses,
en dépit des mille pièges que nous tendent le mal et notre égoïsme.
En effet, cette joie – qui une véritable grâce – doit être gardée et protégée,
comme c’est le cas pour la foi, les amitiés, les relations :
en somme, comme toutes les choses importantes de la vie.
C’est une attitude spontanée sage que nous avons tous :
quand il y a quelque chose de valeur, affective ou économique,
nous en prenons particulièrement soin et c’est juste qu’il en soit ainsi.
La joie de l’amour de Dieu répandu dans le cœur par l’Esprit Saint
se protège à travers la sobriété,
qui est la capacité à soumettre le désir du plaisir et de la satisfaction personnelle
à la mesure de ce qui est juste et des relations interpersonnelles
qui se tissent dans la communauté humaine.

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